Publié le 3 mai, 2009 à 08:44 par Gérald Larose

Canada? Se faire accroire d’exister!

 

 

Canada day - Photo: Hamilton Community CU Blog

Canada day - Photo: Hamilton Community CU Blog

Durablement, invariablement,  encore une fois,   le Québec  se verra octroyer cette année 85% du budget de la fête du Canada. Avec  11 millions de population, l’Ontario recevra 100,000$. Avec 7 millions de population, Québec recevra 37 fois plus! 3,760,000$.  Chercher l’erreur! Une erreur, curieusement, qui ne se répète pas dans les enveloppes de développement économique, d’infrastructures ou de Recherche et Développement. Plutôt le contraire. Précisément en Recherche et Développement c’est exactement 15%  et non pas 85% que le Québec reçoit comme part d’investissements en provenance du fédéral.

Pourquoi sur ce point précis de sa fête le  Canada dote-il le Québec de tant de sollicitude? Comme pour les lieux historiques, les parcs nationaux,  les chaires du Canada, les bourses du millénaire, les subventions aux arts et à la culture,  les prix du ou de la gouverneure générale,  etc. etc., le Canada s’échine à  occuper  l’imaginaire des Québécoises et des Québécois pour tenter de s’y imposer, de s’y incruster.  Jadis, on aurait  dit que le Canada se livre à des opérations de propagande. Aujourd’hui il est plus courant d’emprunter une terminologie marchande : les « commandites ». Et dieu sait qu’en cette matière le fédéral est passé champion toutes catégories. Certains croyaient que c’était le fait des libéraux? Détrompez-vous, les conservateurs n’ont rien cédé. La pluie des millions pour tenter de lessiver l’imaginaire des Québécois et des Québécoises n’a pas cessé. « Nation building » canadien oblige.

Ce pays est une illusion. Plein de contradictions. Qui à coup de propagandes  et de commandites essaie de se fait accroire qu’il existe. Mais il n’a  pas réussi. Car il y a ici une nation qui depuis 250 ans résiste et n’a pas capitulé. Au contraire, elle s’est battue pour le gouvernement responsable. Ses patriotes ont été tués pour s’être amourachés de la démocratie.  Pas en vainc. C’est grâce à elle que le Québec entend  devenir un pays. La surabondance des budgets propagandistes fédéralistes n’en fera rien.

 

Ce texte à été préalablement publié sur le site http://www.souverainete.info/blog/

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Commentaires (4)

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  1. Monsieur Larose, Monsieur Larose.

    Tout ce que vous dites est vrai. Le problème c’est que vous n’avez pas encore compris pourquoi le Canada peut se permettre d’agir ainsi.

    La réponse est pourtant simple.

    La nature a horreur du vide. Et au Québec, c’est le vide absolu quant à la seule condition gagnante réelle.

    Le PQ repousse encore les débats.

    Vous et votre Conseil sur la souveraineté êtes plus préoccupés à prôner « des gestes de gouvernance », de nouveaux mots pour reprendre la théorie de l’étapisme si cher à Claude Morin.

    Qui s’occupe de faire réaliser au peuple du Québec ses grandes réalisations passées et présentes ?

    Qui travaille à développer notre confiance en nous, notre fierté, notre dignité comme peuple ?

    Je viens de nommer la seule condition gagnante qui nous amènera à créer le pays du Québec.

    Le peuple n’exigera jamais la création de notre pays sur la base d’un discours économique (Budget de l’an 1), ou grâce à l’accumulation de « gestes de gouvernance » (Conseil de la souveraineté).

    Dans l’état actuel des choses, développer cette confiance en nous, cette fierté, cette dignité qui nous manquent tant, serait certainement suffisant pour raffermir la volonté des Québécois; leur attitude positive (enfin !) contaminera certainement les indécis.

    Et tous ensemble, dès que la prochaine fenêtre d’opportunité se présentera (et grâce à Charest et à Harper, elle se présentera certainement) le peuple saura exiger du gouvernement en place qu’il organise un référendum sur la création du pays du Québec.

    À défaut, la fenêtre va s’ouvrir et pourquoi pas la porte aussi, mais encore une fois, à cause de votre obstination et de celle du PQ à ne rien comprendre, elles vont se refermer sans que rien ne se passe.

    Au lendemain des pourparlers du lac Meech, quand Bourassa a fait sa déclaration sur le Québec « Le Canada anglais doit comprendre de façon très claire que, quoi qu’on dise et quoi qu’on fasse, le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement. », monsieur Parizeau a tendu la main à Bourassa qui s’est rassis aussitôt. Aucune mobilisation du peuple, aucune manifestation, aucune marche sur l’Assemblée nationale, rien. La fenêtre s’est rapidement refermée.

    C’est ce que je veux éviter en faisant renaître le « Rassemblement pour l’indépendance nationale », non pas comme parti politique, mais comme mouvement citoyen fort et déterminé à obliger le gouvernement en place lors de l’ouverture de la prochaine fenêtre à passer à l’action.

    Je vous ai déjà envoyé les liens pour mon « Manifeste pour un Québec fier ! », mais je n’ai même pas reçu d’accusé de réception. Trop occupé à réfléchir sur les « gestes de gouvernance » ?

    Si vous pouvez consacrer 10′44 » au Québec, vous retrouverez facilement le lien dans la section « Articles populaires » de ce blogue.

    Bon dimanche.

  2. Pardonnez-moi. mais une faute m’a échappé.

    Au lieu de « prôner « des gestes de gouvernance », de nouveaux mots pour reprendre la théorie de l’étapisme si cher à Claude Morin », j’aurais dû écrire « prôner « des gestes de gouvernance », de nouveaux mots pour reprendre la théorie de l’étapisme si chère à Claude Morin. »

    Merci.

  3. Un bon papier pour clouer le bec à tous ceux qui pense que le Canada est un pays réel et le Québec, une simple construction remplie de mythes. Nous avons ici un exemple de plus pour démontrer que rien n’arrête le fédéral pour construire, au Québec notamment, l’illusion et l’utopie canadienne.

    Le 1er juillet de l’an passé, j’étais dans les rues avec des milliers de personnes. Nous étions tous venu écouter Bran Van 3000 au Festival de Jazz de Montréal. À cette occasion, aucun drapeau du Canada n’était présent. À ce moment, j’ai compris que nous avions fait notre choix; Notre pays réel est bel et bien celui du Québec.

  4. Il y a une petite chose que j’aime moins dans votre texte M. Valois.

    Vous dites: « Un bon papier pour clouer le bec à tous ceux qui pense que le Canada est un pays réel et le Québec, une simple construction remplie de mythes. »

    Autant le Québec est souvent dénigrer comme étant un État second, autant vous sembler faire le même traitement au Canada dans ce commentaire.

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Gérald Larose
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http://www.souverainete.info
Diplômé en théologie et en travail social de l'Université de Montréal, il oeuvre comme travailleur social dans un quartier populaire de Montréal avant de faire carrière dans le mouvement syndical. Il occupe la présidence du Conseil central de Montréal de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), puis la vice-présidence du comité exécutif de cette centrale. En 1983, il devient président de la CSN, fonction qu'il conservera jusqu'en 1999. Il s'agit d'un record de longévité pour un président de la CSN ou de son ancêtre, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), dont la fondation remonte à 1921. Souverainiste convaincu qui favorise le visage qu'effectue sa centrale vers cette option politique en 1990, il participe aux travaux de la Commission Bélanger-Campeau sur l'avenir du Québec. À partir de 1999, il enseigne à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Puis, en 2000, il revient dans l'actualité en présidant les États généraux sur la langue française au Québec. Il préside également une autre consultation qui porte sur une politique de l'action communautaire autonome.