Publié le 1 août, 2009 à 15:30 par Caroline Moreno
Capitale unique

source: www.tlfq.ulaval.ca/
Dans Le Devoir du 17 juin dernier, le pourtant excellent journaliste Christian Rioux écrit : “J’ai toujours aimé la ville de Québec. Contrairement à ces Montréalais qui ne la trouvent pas assez multiethnique, trop tranquille et un peu snob, j’ai toujours éprouvé un plaisir fou à déambuler dans les rues chargées d’Histoire de notre unique capitale. »
De quels Montréalais s’agit-il ici ? De Françoise David et de Louise Harel ?
Comment ne pas envier à Québec – capitale unique et non unique capitale puisque Ottawa nous régente toujours – son charme, sa tranquillité, ses rues chargées d’Histoire et le français qu’on y parle encore ?
En qualité de Québécois montréalais, peut-on se réjouir de voir la ville se délabrer sous nos yeux et devenir anglaise ? Car, c’est ce qui se produit. C’est ce qui explique, dans une certaine mesure, l’exode des Québécois vers la banlieue. Le problème ne réside pas dans la multiethnicité de la Métropole mais dans son anglicisation galopante qui la rattache davantage au Canada qu’au Québec et qui laisse entrevoir la partition tant redoutée.
Quand le clown Rozon se mêle de dire qu’il souhaite voir Montréal devenir bilingue, on ne peut que le prendre à la blague. Montréal a déjà franchi ce cap. La plus grande ville du Québec est anglaise. Comme si cela ne suffisait pas, les souverainistes eux-mêmes en redemandent ! On veut de l’anglais pour tous les Québécois ! Il ne leur vient pas à l’esprit de réclamer des Anglais – et de ceux qui s’identifient à eux – d’apprendre le français ! Ça ne se fait pas ! Quelle idée grotesque !
Pour ma part, j’ai déjà aimé Montréal. Je ne l’aime plus. Je ne m’y reconnais plus. Je n’éprouve pas de plaisir fou à déambuler dans ses rues.
En visite à Saint-Siméon, j’ai surpris une dame laquelle confiait à une autre avec un fort accent anglais : « Je suis heureuse ici. » Cette Canadienne, ancienne joueuse de tennis professionnelle, passe trois mois par année à Port-au-Persil où elle communique tout naturellement en français avec les gens. Il devrait être de même à Montréal.
Lors d’une excursion aux baleines, dans la même région, une Française me demandait si j’étais Canadienne. Je ne suis pas Canadienne. Mes ancêtres ne sont pas Anglais. Et même s’ils l’étaient, moi, je suis Québécoise. Il y a autant de différence entre Québécois et Canadiens qu’entre Suédois et Salvadoriens, Français et Allemands, Sénégalais et Chinois. Nous sommes des peuples distincts.
L’anglicisation de Montréal n’augure rien de bon pour notre avenir québécois.
Vivement une capitale unique !
* * *
Une blague Juste pour rire à l’attention de M. Rozon qui les apprécie tant :
Un professeur de première année du primaire explique à ses élèves qu’il est Ontarien.
Il leur demande de lever la main s’ils sont Ontariens aussi.
Ne sachant pas trop pourquoi, mais voulant être comme leur professeur, leurs mains explosent en l’air comme des feux d’artifice.
Toutefois, il y a une exception. La petite Julie ne suit pas les autres.
Le professeur lui demande pourquoi elle ne lève pas la main.
Parce que je ne suis pas Ontarienne.
Alors, qu’es-tu ? demande le professeur.
Je suis une fière Québécoise, lance la petite fille.
Le professeur est perturbé, son visage devient rouge. Elle demande à Julie pourquoi elle est Québécoise.
Julie, logique, réplique :
Eh ! bien, mon père et ma mère sont Québécois donc je suis Québécoise aussi.
Le professeur, baveux :
Si ton père était un trou-du-cul et ta mère était une trou-du-cul aussi, que serais-tu alors ?
Une pause suivit d’un sourire…
Je serais alors une Ontarienne !
Mots clés: anglicisation • anglicisation du québec • le français à montréal • « énigme » québec
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Malgré le malaise qui vous habite, madame Moreno, de nombreux anglophones éprouvent un plaisir fou à jongler avec les mots de la langue française. Jim Corcoran en est un parmi tant d’autres.
La différence entre lui, et la plupart des anglos, c’est que Corcoran s’est donné la peine d’apprendre la langue française, et ce pour son bon plaisir, pas parce qu’on le lui a imposé. L’imposition d’une langue ne fonctionne pas; pour amener les gens d’ailleurs à apprendre sa langue, il faut les laisser s’amuser avec elle. Ils doivent l’apprivoiser, en apprendre les us et coutumes, les largesses et les limites. Bref, il faut leur laisser le temps de se laisser charmer par la langue; c’est ainsi qu’ils en viendront à aimer la langue.
À l’image d’un mariage arrangé, l’imposition d’une langue à une population ne fait pas des heureux; ils l’apprendront que s’ils n’ont vraiment pas le choix, et la défieront, plus souvent qu’autrement. En obligeant « les autres » à parler français, on les amène à nous détester. De la même façon que vous semblez détester les canadiens unilingues anglophones, madame Moreno. Si vous ne voulez pas des canadiens, pourquoi les canadiens voudraient-ils de vous? Il faut traiter les gens de la même façon que l’on voudrait qu’ils nous traitent; si vous ne voulez pas que les canadiens traitent les québécois de citoyens de second ordre – ce que très peu font, d’ailleurs, il vous faudra cesser de dénigrer les canadiens, pour la simple raison qu’ils parlent l’anglais.
D’ailleurs, madame Moreno, dans tous les textes que vous soumettez ici, vous semblez oublier la même chose; le Québec est, encore à ce jour, une province du Canada, que vous le vouliez ou non. La souveraineté – ou l’indépendance – n’a pas encore été proclamée par le Québec, et tant que ce ne sera pas le cas, il vous faudra composer avec un Québec au sein du Canada, et avec l’application des lois fédérales canadiennes.
J’en viens à me demander si votre obstination n’est pas de l’aveuglement volontaire. Si vous êtes auteur, et que vous écrivez, en français, un livre qui devient rapidement best-seller au Québec, seriez-vous tentée de le traduire en anglais, afin d’en augmenter la popularité, et d’en faire profiter les anglophones, ou allez-vous refuser toute traduction, dans le seul but de forcer les gens à le lire en français? En choisissant la seconde option, vous vous privez de revenus potentiels énormes. Mais entre vous et moi, je sais très que vous allez privilégier la première, parce que c’est votre portefeuille, qui vous parlera.
C’est exactement la même chose qui arrive à tous les québécois qui parlent l’anglais dans leur travail, ou pour les affaires. C’est leur portefeuille qui leur parle, et ils écoutent. Alors il vous faudra regarder la vérité en face; l’anglais ne disparaîtra pas de la ville de Québec, et encore moins de Montréal.
Sincèrement, ce texte est bourré de nationalisme maladif. C’en est inquiétant!
D’abord, je suis québécois, non pas parce que ma mère et mon père le sont également, mais parce que j’habite cette terre appelée Québec, tout simplement. La souche des québécois se limite, tout au plus, à 7 ou 8 générations! Et encore, les québécois, habitant la terre appelée Québec, ont baisé d’un côté comme de l’autre, avec les premiers habitants et les nouveaux arrivants.
Le nationalisme, n’est qu’une maladie infantile, dont malheureusement, vous semblez sérieusement souffrir.
Et j’aimerais ajouter que depuis 1792, le mot «stop» est français. Alors je vous prie, retenez, ne serait-ce qu’un tantinet votre nationalisme maladroit, chère madame Moreno. C’est gênant pour les habitants du Québec!
Aussi, je ne vois pas le rapport avec madame David, seriez-vous l’une des gens qui disent que le Québec-solidaire est venu vous voler des votes au PQ? Il y a toutefois une forte distinction, je l’espère, entre le PQ et Q-s. L’un n’est qu’un parti nationaliste bourgeois, alors que l’autre se veut une alternative au capitalisme crasse, et d’une ouverture considérable envers les nouveaux arrivants, voire les nouveaux habitants d’une terre nommée Québec. Relisez comme il faut les dires des «Falardeau», car même ce patent nationaliste, ne voit le Québec que comme une terre nommée ainsi, avec sa propre culture, et ses différents.