Publié le 27 janvier, 2010 à 08:30 par Gérald Larose

Conférence internationale sur Haïti. Québec? Drapeau en berne et État en burqa

Drapeau Haïtien

Québec/Haïti, tricotés serrés. Depuis longtemps. Plus précisément depuis 1943, quand arrivés directement à Ottawa, le président d’Haïti, Élie Lescot, et sa délégation s’étaient vu refuser d’être reçus et accueillis par le gouverneur général et le premier ministre du Canada. C’est Adélard Godbout, premier ministre du Québec, qui répara l’affront en les recevant au parlement de Québec. S’en est suivie une multitude d’invitations qui firent se rencontrer des écrivains et des artistes et travailler ensemble des ingénieurs, des professionnels et des mandarins. La suite allait faire du Québec et d’Haïti des frères!

Dès le début des années soixante, ils sont nombreux à faire la Révolution tranquille et à bâtir avec nous l’État moderne du Québec. Depuis ils ont pénétré tous les secteurs d’activités. Ils sont nos conjoints, nos femmes, nos enfants, nos collègues, nos amis, nos voisins. Ils sont d’ici. 90% d’entre eux choisissent le Québec.

Un grand malheur frappe-t-il leur pays d’origine, c’est tout le Québec qui est touché et qui vibre de compassion. Le nombre de spectacles-bénéfices et les sommes recueillies en témoignent éloquemment. Pour surmonter ce même malheur et reconstruire le pays, c’est encore le Québec principalement qui est et sera mis à contribution, celui d’origine haïtienne comme celui des autres origines, dans ses champs de compétences et de responsabilités : santé, services sociaux, éducation, immigration, sécurité, infrastructures, etc. Et c’est normal. Haïti c’est aussi nous.

Le Québec serait souverain qu’il serait, dans le cadre de la conférence internationale qui s’ouvre ce matin à Montréal, l’artisan de la mobilisation de toutes les disponibilités et des volontés internationales de participer à la relance d’Haïti. Il le serait avec l’extraordinaire expertise que ses concitoyens d’origine haïtienne ont développée ici. Il le serait avec toutes les sensibilités que 70 ans de compagnonnage lui ont permis de développer. Il n’en sera pas l’artisan. Il n’est même pas invité à cette conférence. Il y serait qu’il devrait se contenter, comme à Copenhague, d’y jouer les ONG! Volonté du Canada.

Le Canada est souverain. C’est en vertu de ce statut qu’il a convoqué cette conférence internationale. Il la présidera. Mais surtout, et encore une fois, l’expertise québécoise lui servira de marche pied pour hisser très haut son drapeau. Alors qu’au Québec, par la volonté du premier ministre Charest qui a refusé de livrer tout combat pour que Québec y soit, le drapeau sera en berne et l’État en burqa. Inexistant politiquement et étatiquement.

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Commentaires (22)

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  1. Normand dit :

    Tu essaies de me faire croire, que toi Sylvain, c’est des drapeaux du canada qui ont fait gagné les deux référendum. des fraudes, il y en a eu des deux côtés, Tsé procure-toi le texte de Richard LeHir et cela t’évitera peut-être de dire des énormités.

  2. Sylvain Guillemette dit :

    Des énormités comme, «les québécois se sont prononcés»?

    Plus de la moitié des québécois auront voulu cette indépendance. Sinon, même, une moitié pour sûr.

    Alors faites-vous donc la morale à vous-même.

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Gérald Larose
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http://www.souverainete.info
Diplômé en théologie et en travail social de l'Université de Montréal, il oeuvre comme travailleur social dans un quartier populaire de Montréal avant de faire carrière dans le mouvement syndical. Il occupe la présidence du Conseil central de Montréal de la Confédération des syndicats nationaux (CSN), puis la vice-présidence du comité exécutif de cette centrale. En 1983, il devient président de la CSN, fonction qu'il conservera jusqu'en 1999. Il s'agit d'un record de longévité pour un président de la CSN ou de son ancêtre, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), dont la fondation remonte à 1921. Souverainiste convaincu qui favorise le visage qu'effectue sa centrale vers cette option politique en 1990, il participe aux travaux de la Commission Bélanger-Campeau sur l'avenir du Québec. À partir de 1999, il enseigne à l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Puis, en 2000, il revient dans l'actualité en présidant les États généraux sur la langue française au Québec. Il préside également une autre consultation qui porte sur une politique de l'action communautaire autonome.