Publié le 6 février, 2010 à 00:12 par Sylvain Guillemette

Conseil du Patronat, portevoix de la bourgeoisie

Porte Voix

Surprise! Ceci est un scoop! Attachez bien votre tuque! Vous en resterez stupéfait!

Yves-Thomas Dorval, la pourriture qui sert de portevoix des bourgeois au Conseil du Patronat, se dit d’accord avec les propos de Pierre Karl Péladeau sur les syndicats «gênants»! Hein! Vous ne vous y attendiez pas! Pas vrai?

Pierre Karl Péladeau disait des syndicats, il y n’y a pas si longtemps, qu’il y avait des « privilèges » accordés à ceux-ci. « Ce repli, ce refus du débat ou de la remise en question dès qu’il est question de syndicats, confère à ce groupe une sorte d’immunité qui tue dans l’oeuf tout échange. » disait-il, mettant hélas, de côté le fait que, sans ses travailleurs syndiqués, il n’y aurait aucune réponse à la demande. Pour Pierre Karl Péladeau, la bannière du Conseil du Patronat n’est pas, semble t-il, l’égal des syndicats. Et pourtant, même l’État conjugue rarement demandes syndicales à ses décisions gouvernementales, mais voit d’un œil apprenti, les conseils lui paraissant sages, du Conseil du Patronat. Sinon ceux de la Chambre de Commerce! Et même, dans par exemple, un conflit entre travailleurs et employeurs, la part prise pour l’employeur est évidente. Les lois spéciales fusent pour renvoyer des travailleurs au bercail de l’exploitation, alors que l’inverse, lors de lock-out par exemple, comme celui qu’impose Pierre Karl Péladeau à ses créateurs de richesses, n’est aucunement puni, même qu’il est ignoré du gouvernement. Rappelons-nous Pétro-Canada… Depuis que Pierre Karl Péladeau est maître de Quebecor, une quinzaine de lock-out ont eu lieu dans son empire. Un autre capitaliste pataugeant dans la contradiction.

Les syndicats ne se sont pas créés en claquant des doigts. Ils n’ont pas été créés non plus, pour servir les intérêts d’une minorité, ce à quoi sert par exemple, le Conseil du Patronat pour les employeurs si peu nombreux, en proportions aux travailleurs salariés –donc exploités-. Et pourtant, justement, les employeurs ne créent pas la richesse, ils ne font qu’utiliser leurs capitaux pour transformer la demande en offre, via le labeur de leurs travailleurs, qu’ils exploitent donc, par le salariat. Par le passé, des gens comme Pierre Karl Péladeau abusaient de leurs exploités, et cela a créé des associations de travailleurs, légitimes et nécessaires. Des syndicats. Sans ces syndicats, nous serions toujours des esclaves du labeur, sans droit, et n’aurions aucune balance du pouvoir, et c’est justement la beauté des syndicats. Ils redonnent un sentiment de pouvoir aux travailleurs, lesquels rappelons-le, sont indispensables pour que les gros bonnets comme Pierre Karl Péladeau  puissent asseoir leur paresseux derrière. Les droits et fonctions des travailleurs se sont améliorés, grâce aux syndicats, c’est indéniable.

Pierre Karl Péladeau juge que les syndicats sont publiquement intouchables, or, on peut en dire de même, de l’«establishment» du capitalisme, soit du salariat. L’exploitation du labeur du prolétariat, au Québec, comme ailleurs, n’est jamais passé par un débat quelconque, et c’est comme si c’était coulé dans le béton. Et pourtant, par de nombreuses interventions sur les blogues, j’ai pu constater que les capitalistes n’avaient aucun argument pour expliquer la tenue de l’exploitation du labeur des créateurs de richesses, exploitation précisons-le, faite par des gens qui ne créent pas la richesse. Dans l’histoire également, des bourgeois comme Péladeau ont mis de côté les textes de Karl Marx, de ses prédécesseurs, de ses héritiers, sans même s’attarder à tenter de les démentir, de les «démystifier», question de prouver qu’ils n’étaient que mythes. Le tout est totalitaire, figé dans le temps, impossible à ramener au seuil du débat. Je pourrais donc reprendre la phrase du bourgeois cité plus haut et l’inverser de la sorte que vous y retrouviez un sens tout autre. Par exemple : « Ce repli, ce refus du débat ou de la remise en question dès qu’il est question des exploitants du labeur d’autrui, confère à cette minorité parasitaire, une sorte d’immunité qui tue dans l’oeuf tout échange possible. ». Et voilà le travail!

On dit également des syndicats, qu’ils sont trop puissants, mais cela n’est-il pas normal, puisqu’au fond, sans leur labeur, rien autour de vous n’existerait. Ni même les moyens de production de monsieur Péladeau! Quedal! Pas de clavier! Pas d’écran d’ordinateur! Pas de siège de cuir, ni de siège de toilette! Ni de toilette d’ailleurs! Allez, ouste, aux latrine! Ben non! Pu de latrine! Ça prend quelqu’un pour les creuser! Eh bien! S’ils sont puissants, laissez-moi vous dire que ces travailleurs n’en sont pas encore conscients.

Ce modèle capitaliste est mort en 2008-2009, ils l’ont réanimé avec des milliers de milliards, que les travailleurs paieront sur bien des générations encore. Sans quoi, ce régime capitaliste n’aurait pas survécu, et la seule raison de l’existence des bourgeois non plus, puisque seul le régime capitaliste leur permet d’avoir une utilité dans notre ère, qui, rappelons-le, ne fut pas élue par le peuple. Oui, le capitalisme confère aux bourgeois, ce pouvoir d’utiliser leur capital à leur seul avantage. Ce capital, qu’ils possèdent préalablement, leur permet d’obtenir des moyens de production, comme autant de privilèges inutiles que de services essentiels. Ce, au dépend des majoritaires, qui pourtant, sont indispensables au monde idéal des bourgeois.

Si le milieu des affaires est si d’accord avec les propos de Pierre Karl Péladeau, c’est qu’ils sont, ceux-là, tous bourgeois, et que leurs intérêts de classe passent bien sûr, avant ceux de la classe prolétarienne. Sauf que, ce sont les prolétaires qui créent la richesse, qui créent tout en fait, comme nous disions plus haut, et ceux-ci sont majoritaires sur Terre. Les bourgeois, tout au contraire, sont dispensables, et n’ont aucune utilité lorsque nous faisons le constat de la dictature capitaliste, et que nous la déduisons de notre réalité imaginairement. Les bourgeois ne servent donc à rien d’autre qu’à porter ce lourd capital, concentré dans leur personne égoïste, mais pourtant créé par ceux qu’ils exploitent, sans là, qu’il y est débat sur ce fait.

Le monde des affaires d’accord avec Péladeau, les millionnaires disons, sont si insignifiants qu’ils ne représentent même pas un demi -pourcent de la planète Terre. Ces millionnaires ne sont que quelque 10 000 000 sur une population de plusieurs milliards. Cela fait donc, 0.15% de la population mondiale. La richesse, crée par le prolétariat, ne l’atteint donc point. Et des firmes, des soit disant «Conseils», des «Instituts» bidons, leur servent d’appareil de propagande puissants. À travers les divers médias, on attire votre attention sur l’opinion de ces portevoix.

Oui les syndicats sont puissants, mais ils n’utilisent pas encore cette puissance de façon optimale. Ils pourraient, par exemple, occuper des usines abandonnées… Sinon, la FTQ, ayant les capitaux pour ce, pourrait aisément acheter des moyens de production et créer un réseau de coopératives, quitte sinon, à racheter ceux qui sont en faillite.

Les bourgeois peuvent bien pleurnicher, mais ils devraient se garder quelques larmes pour le jour où les prolétaires se rendront compte de leur réel pouvoir.

A Propos de l'Auteur

Sylvain Guillemette à publié 33 articles sur ce site.



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Commentaires (12)

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  1. Hé hé, le titre est un pléonasme. Cela va de soit!

  2. Nancy dit :

    Va donc voir le nombre de $ qu’il y a dans les caisses des syndicats. Et en passant, vérifie le salaire de chacun des chefs syndicaux. Après ça je pourrai avaler ton opinion.

  3. Les salaires des chefs syndicaux? Aucune comparaison avec ceux des PDG. Argument boiteux.

  4. Et sans compter que les capitaux des fonds de travailleurs ne sont d’aucune commune mesure avec le capital des grandes entreprises multinationales.

  5. Sylvain Guillemette dit :

    Chère Nancy, les conditions actuelles des syndicats, ne remettent aucunement en question mes propos sur les gains faits avec les syndicats, ni le syndicalisme lui-même.

    Moi, j’avalerai votre opinion quand elle aura l’air réfléchie.

  6. Sylvain Guillemette dit :

    Est-ce que l’opinion de Nancy lui permet, par exemple, de légitimer l’exploitation du labeur d’autrui? Pas vraiment.

    Est-ce que son opinion sur les dirigeants syndicaux lui permet de nier les avancées faits grâce au syndicalisme? pas vraiment non plus.

    Est-ce que l,opinion de Nancy, présentée ici, lui permet de remettre en question le syndicalisme donc? Vraiment pas.

    Est-ce que les bourgeois sont trop puissants, sans raison, et sans mérite? Certes qu’ils le sont, et Nancy ne semble pas s’en indigner.

  7. Normand dit :

    il ne faut pas nier les avancés du syndicalisme. Le syndicalisme a permis des meilleures conditions de travail, des salaires acceptables, des fonds de pensions adéquats et en général, ils ont permis une meilleure répartition des richesses. Mais là ou le syndicalisme a été très utile, il a aussi entrainer des travers qui empêche certains secteurs d’être plus performant. Par exemple dans la santé, si on a des problêmes ce n’est pas par manque de capitaux, mais par une convention collective trop rigide. Un exemple, pourquoi une infière en pédiatrie, lorsqu’il y a une période creuse ne peut-elle aller en trauma? Après tout, cela n’enlève rien à personne? Pourquoi les médecins doivent faire 25% plus de paperasserie que leurs homologues ontariens et américains? Donner ça à des secrétaires enlèverait rien à personne.

    • Sylvain Guillemette dit :

      Normand, parce que ces infirmières ne sont pas nécessairement formées pour cela. Le secteur trauma est précisément un de ces secteurs que vous n’auriez pas du nommer, mais je comprends l’idée. Et je me demande également si ce ne serait pas possible. Je ne crache pas là-dessus. Pourquoi pas. Mais je crois que le dossier doit être plus complexe, qu’une simple bureaucratie syndicale. Il y a des conflits entre autre. À Montréal, les travailleurs du secteur public n’ont pas de contrat de travail depuis quelques années déjà. Ce n’est qu’un exemple…

      Quant aux secrétaires, concédez Normand, qu’elles pourraient quand même faire partie du réseau. C’est moins coûteux au public qu’au privé. Une bonne secrétaire, au privé, coûte quand même pas mal de capital. L’autre, faisant partie du réseau, saura, comme vous l’invitez plus haut, répondre à un autre secteur en demande, si le sien est tranquille.

  8. Nancy dit :

    Désolée de vous avoir choqué! Je voulais seulement mettre les équilibres de force dans la balance. Il y a bien des syndicats qui empêchent des entreprises publiques de tourner rondement, comme le soulève justement Normand dans son exemple. Deux poids deux mesures, M. Guillemette ?

    • Sylvain Guillemette dit :

      Pas vraiment Nancy, et je viens de répondre à Normand là-dessus. Ne sautez pas trop vite aux conclusions.

      Mais encore, combien de patrons ont bloqué des projets, comme la sécurité des travailleurs, pour maintenir un bas coût de production? Double-mesure Nancy? Ou vous me concédez ce fait?

  9. Richard3 dit :

    « (…) disait-il, mettant hélas, de côté le fait que, sans ses travailleurs syndiqués, il n’y aurait aucune réponse à la demande. »

    Cela fait maintenant un an que les travailleurs syndiqués de la rédaction sont sur le trottoir, et pourtant, le Journal de Montréal est tout aussi rempli d’articles qu’avant le commencement du conflit. Quant à l’état de la demande, les ventes du JdeM permettent de croire que l’offre est tout de même passablement satisfaisante.

    « Oui les syndicats sont puissants, mais ils n’utilisent pas encore cette puissance de façon optimale. Ils pourraient, par exemple, occuper des usines abandonnées… Sinon, la FTQ, ayant les capitaux pour ce, pourrait aisément acheter des moyens de production et créer un réseau de coopératives, quitte sinon, à racheter ceux qui sont en faillite. »

    Le Québec pullule d’exemples d’entreprises en faillite, ou fermées par leur propriétaire, qui furent reprises par les employés, à grands coups de subventions gouvernementales, et qui ont fermé leurs portes, quelques années plus tard, faute de pouvoir suivre la concurrence. Les gens de Trois-Rivières se souviennent de la Tripap, une usine de pâtes et papier, relancée par les anciens employés des produits forestiers Canadien Pacifique, qui avait fermé les installations en 1992. Lors de sa relance, en vue d’une réouverture en février 1994, le Fonds de solidarité FTQ, entre autres, y a englouti plus de 70 millions$. L’usine, toujours aussi désuète, a été récupérée plus tard par le groupe Uniforêt, qui l’a fermée à son tour, en l’an 2000. Preuve de plus que le système communiste, en plus de ne pas évoluer, doit constamment compter sur des fonds extérieurs, afin de fonctionner, et ne parvient pas à s’autosuffire.

  10. Normand dit :

    Sylvain, je ne sais pas si tu as vu réelement les chiffres quant aux coûts d’une secrétaire au privé versus au public? Je ne sais pas où tu prends tes chiffres, mais la secrétaire au privé co¸ute beaucoup moins cher qu’au public. Que ce soit en frais de pension, de congés de maladies, en frais divers.

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