Publié le 30 janvier, 2010 à 12:01 par Françoise David

Finances publiques : qui doit payer?

source: lcn.canoe.ca

Un groupe d’économistes, mandatés par le ministre des Finances, viennent de publier leur deuxième fascicule sur les finances publiques. En parcourant ce texte, je me suis demandé pourquoi monsieur Bachand avait embauché des économistes qui nous répètent les mêmes mantras que l’on entend depuis plus de 10 ans : il faut rendre les services publics plus performants et ne pas augmenter les impôts mais les taxes.

Pour obtenir davantage de performance du système de santé, ces économistes proposent rien de moins qu’un développement des services privés de santé. Ce serait bon pour le système public car il serait en concurrence et devrait démontrer son efficacité. Comme si la privatisation n’avait pas déjà tracé son chemin dans les services de santé. Sait-on que 30% des services sont privés dans la santé? Ce n’est pas assez?

Comment peut-on sans rire parler d’égalité et de justice tout en développant un système de santé à deux vitesses?

Et maintenant, les taxes. Quant à proposer cette avenue, messieurs les économistes, pourquoi pas des éco-taxes et des taxes sur les produits de luxe? Ça, ce serait courageux, pertinent, efficace!

Vous dites qu’il faut taxer davantage la population et non augmenter les impôts. Je suis d’accord pour ne pas augmenter les impôts de la classe moyenne. Mais les contribuables aux revenus élevés pourraient franchement faire leur part, eux qui bénéficient de tous les services publics et parapublics que le Québec offre à moindre coût qu’ailleurs au Canada.

Et pourquoi ne pas regarder du côté des grandes entreprises, des banques, des compagnies d’assurances? Ces entreprises qui paient des dividendes élevés à leurs actionnaires et des bonus appréciables à leurs dirigeants, ne pourraient-elles pas contribuer davantage à l’effort collectif pour renflouer les coffres de l’État?

Vous aurez compris qu’avec Québec solidaire, je vais m’objecter de toutes mes forces à nous en faire passer une p’tite vite par le gouvernement du Québec. Non aux hausses de tarifs qui vont frapper surtout la classe moyenne, oui à un effort fiscal additionnel pour les grandes entreprises et les contribuables aux revenus élevés.

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Commentaires (10)

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  1. Richard3 dit :

    Intéressante question, celle-là; qui doit payer?

    C’est cette question que le désillusionné du PQ que je suis avait en tête, en novembre 2005, lorsque j’ai lu, lors d’une pause-dîner, dans l’exercice de ce qui était, à l’époque, mon tout nouvel emploi de chauffeur-livreur, la première chronique d’une toute nouvelle collaboratrice, au Journal de Montréal, chronique qui exprimait le même questionnement que le mien, et qui proposait des pistes de solutions.

    Le nom de cette collaboratrice, c’est Nathalie Elgrably-Lévy. Mais revenons au sujet.

    Donc, les « mentras » des économistes, selon madame David, dit qu’il faut « rendre les services publics plus performants et ne pas augmenter les impôts mais les taxes« . Voyons voir…

    D’abord, pour le bénéfice de l’information de madame David, cette façon de voir existe depuis beaucoup plus que 10 ans; il existe probablement depuis que le monde politique est organisé. Cela ne date donc pas d’hier. J’irais même jusqu’à le qualifier de « gros bon sens ». Mais il ne s’agit que de mon opinion. Revenons aux « mentras »…

    Mentra #1: L’efficacité des services publics.

    Qui pourrait s’opposer à l’efficacité, dites-moi? Que ce soit dans le rendement de vos REER, dans votre boulot, ou encore dans le service que vous procure le commis d’un magasin, ou la serveuse du restaurant, vous recherchez l’efficacité. Nous le faisons tous. Alors pourquoi ne pas l’exiger de nos services publics? Après tout, si nous payons pour tous les services desquels nous exigeons l’efficacité, c’est d’autant plus vrai dans le cas des services publics, même si l’on ne nous donne pas directement la facture. Madame David mentionne que 30% des services de santé sont privés; elle oublie de préciser, par contre, qu’il s’agit des plus efficaces de tous.

    Mentra #2: Les taxes, au lieu des impôts.

    Pourquoi les taxes, au lieu de l’impôt? Parce que Québec solidaire veut faire payer les riches! Or, qui a les moyens de consommer davantage, sinon les riches? Il faut toutefois être prudent, dans la façon de leur refiler la facture; si l’on taxe davantage un produit de luxe, peut-être qu’un certain pourcentage de riches sera tenté de se le procurer ailleurs, mais si l’on impose davantage son entreprise, nous devons être conscients qu’il a les moyens de la déménager, et les emplois avec! La perte sera d’autant plus grande, et les exemples ne manquent pas; on n’a qu’à penser à Gildan, la firme « québécoise » qui n’a plus une seule usine au Québec.

    Bref, avant de rejeter du revers de la main des solutions qu’il faudra appliquer un jour ou l’autre, il faut plutôt envisager les façons de réformer les services publics, afin d’en augmenter l’efficacité, et d’en réduire les coûts, pour les contribuables. Depuis le temps que j’en parle, nous y sommes, maintenant.

    • Serge Gagnon dit :

      Ceux qui administrent les services publics ne visent pas l’efficacité, mais l’efficience. C’est d’un principe relié au « privé » qu’ils se sont inspiré pour en arriver là. On appelle ça le Nouveau Management Public et c’est là pour rester encore bien longtemps, je crois.

      Ensuite, l’accès à la médecine privé n’est pas égal pour tous. Si le gouvernement endosse ces deux paliers d’offre de service, il devrait s’organiser pour que l’accès soit la même à l’ensemble des citoyens. Sinon, si on me dit que je ne suis pas assez citoyen pour avoir la même chose que les autres, je ne suis donc plus en démocratie. Si je ne suis plus en démocratie, je m’autoproclame roi de mon petit derrière et je tire dans le tas avec ma 7.62mm.

      • Serge Gagnon dit :

        Si je ne suis plus en démocratie, je m’autoproclame roi de mon petit derrière et je tire dans le tas avec ma 7.62mm.

        En fait, ce sera toujours pour ça que les gouvernements libérals (je ne parle pas de parti, mais de gouvernement, donc tous ceux qu’on a vue passer depuis les années 60 au Québec) investiront dans l’État providence : pour calmer les gens et s’assurer encore une légitimité de gouverner dans un État démocratique.

        Il faut juste garder un bon équilibre entre l’élite et « la plèbe » (non péjoratif, mais pour bien se faire comprendre). Là je pense qu’au Québec l’élastique est en train de péter dans le système de santé. Quand ton PM vas se faire soigner la pa-patte aux USA dans les années 90, ça ne peut pas être mieux 10 ans plus tard si tu ne fais rien…

  2. Darwin dit :

    Sait-on que 30% des services sont privés dans la santé?

    En fait, le 30 % ne s’applique qu’aux dépenses de santé par les ménages : part non couverte p ar l’assurance des médicaments sous ordonnance, optométristes, dentistes, physiothérapeutes, assurances privées, etc. Nombreuses sont les personnes à faible revenu qui espacent les visites chez le dentiste pour cette raison.

    Si toutes ces dépenses sont effectivement rendues par le secteur privé, d’autres services qui sont payés par l’État sont aussi réalisées dans le secteur privé, comme les consultations dans les cliniques médicales privées dont les services sont payés par l’État grâce à la castonguette. L’idée ici n’est pas de contester cette façon de faire, mais de bien comprendre que la présence actuelle du privé est bien plus grande que ne le prétendent les promoteurs du système de santé à deux vitesses.

    Quant à proposer cette avenue, messieurs les économistes, pourquoi pas des éco-taxes et des taxes sur les produits de luxe? Ça, ce serait courageux, pertinent, efficace!

    Il est en effet étrange qu’on invoque la protection de l’environnement pour justifier la hausse des taxes sur l’électricité (hausser les tarifs d’une société d’État qui fait déjà des profits importants, c’est une taxe) qui est peu polluante, sans proposer d’augmentation de la taxe sur l’essence qui est une des premières responsables du smog et de la production de gaz à effet de serre.

    Non aux hausses de tarifs qui vont frapper surtout la classe moyenne

    Dans leur document, nos économistes parlent souvent de l’efficacité du système de taxation, mais rarement de son équité. Pourtant, un système de taxation doit viser les deux.

    Ils ne parlent enfin d’équité que pour atténuer l’impact des hausses de tarifs et de taxes sur les personnes à faible revenu. Bonne idée ! Mais ils ne disent rien sur le fait que les grands gagnants seraient les plus riches et les grands perdants les membres de la classe moyenne, ni que toutes les baisses d’impôt des 10 dernières années ont profité en premier lieu aux plus riches.

    @ Richard3

    on n’a qu’à penser à Gildan, la firme « québécoise » qui n’a plus une seule usine au Québec

    Gildan fabriquait des gaminets («T-shirts»). Cette société n’a pas fermé ses usines en raison de la taxation, mais à la recherche de main-d’oeuvre à bon marché (cheap labour).

    Et madame David parlait des «grandes entreprises, des banques, des compagnies d’assurances». Gildan n’avait rien à voir avec ce type d’entreprise.

    • « Gildan fabriquait des gaminets («T-shirts»). Cette société n’a pas fermé ses usines en raison de la taxation, mais à la recherche de main-d’œuvre à bon marché (cheap labour). »
      Le jour après le tremblement de terre d’Haïti la compagnie GILDAN annonçai le déménagement de sa production hors du pays dévasté afin d’assurer les commande de (t-shirts) à ses clients. [Phrase retirée : langage inapproprié]
      On fait dure!

  3. Sylvain Guillemette dit :

    Si je prends Pierre, que je le déshabille, pour habiller ensuite Paul, avec les vêtements de Pierre, n’ai-je pas projeté le problème en avant? N’ai-je pas pelleté la neige en avant?

    Aux États-Unis, ils ont suivi les bonnes idées de Richard3, c’est un fiasco. En France, le problème du drainage atteint un niveau dérangeant. Il commence à manquer de professionnels dans le milieu public, parce que ceux-ci quittent, et vont vers le privé, nettement plus payant. Mais c’est plus payant pour bien des raisons, par exemple parce que le coût per capita est beaucoup plus élevé.

    On tourne en rond ici. Le privé n’est visiblement pas la solution, puisqu’il y a des inégalités sociales, découlant elles, des inégalités économiques de notre système capitaliste, qui ne permet pas l’égalité dans les moyens de subvenir.

    Richard3, a peut-être, lui, les moyens d’aller au privé, mais ce n’est pas le cas de tout le monde, et parce que Richard3 obtiendrait des soins au privé, son médecin soignant ne serait plus au public, où on manque de personnel, et cela créerait donc un autre problème, ou le même en fait.

  4. Sylvain Guillemette dit :

    «Pourquoi les taxes, au lieu de l’impôt? Parce que Québec solidaire veut faire payer les riches! Or, qui a les moyens de consommer davantage, sinon les riches? Il faut toutefois être prudent, dans la façon de leur refiler la facture; si l’on taxe davantage un produit de luxe, peut-être qu’un certain pourcentage de riches sera tenté de se le procurer ailleurs, mais si l’on impose davantage son entreprise, nous devons être conscients qu’il a les moyens de la déménager, et les emplois avec! La perte sera d’autant plus grande, et les exemples ne manquent pas; on n’a qu’à penser à Gildan, la firme « québécoise » qui n’a plus une seule usine au Québec.»

    La deuxième explication de Richard3, revient à dire, «la dictature bourgeoise peut sévir, si on lui impose des conditions trop sévères». Les mêmes histoires de peur avaient été, par exemple, proférées en Nouvelle-Zélande, quand le gouvernement avait voulu créer une compagnie nationale créatrice de médicaments. La compagnie a été crée, les compagnies privées n’ont pas fui le pays. Il y avait toujours des milliards à faire sur le dos de la maladie des autres.

    Gildan est tellement «fière», qu’elle vient même, de quitter Haïti, parce que ses profits sont en danger. Si Gildan est le genre d’exemples que Ricahrd3 veut nous donner, rappelons-lui que nous n’avons pas tous la même vision étriquée de ce que devrait être un libre marché, ou un libre commerce.

    Les produits luxueux sont ceux que l’on doit taxer, les pauvres, n’ont pas à subir une taxation supplémentaire, puisqu’ils n’arrivent déjà pas à joindre les deux bouts… Tout le monde n’a pas besoin de luxe, mais les couches, sont elles, si l’on veut que le Québec fasse des petits, une dépense coûteuse, à elles seules. Si l’on doit taxer ces indispensables couches, au même titre que la TV HD de chez Brault et Martineau, j’insiste auprès de Richard3, pour qu’il me rende un argumentaire «massue» pour défendre l’idée.

    Les riches nous avouent qu’ils sont prêts à payer d’avantage pour avoir des soins de santé, même Richard3, qui n’est peut-être pas riche, mais en moyens, avoue qu’il irait au privé, même si cela coûte plus cher per capita. Ma question. Si Richard3 est prêt à payer d’avantage pour sa santé, pourquoi n’est-il pas prêt, à mettre ces mêmes capitaux dans des taxes, ou des impôts, qui lui donneront un meilleur système de santé?

  5. Sylvain Guillemette dit :

    «Bref, avant de rejeter du revers de la main des solutions qu’il faudra appliquer un jour ou l’autre, il faut plutôt envisager les façons de réformer les services publics, afin d’en augmenter l’efficacité, et d’en réduire les coûts, pour les contribuables. Depuis le temps que j’en parle, nous y sommes, maintenant.»

    Et malheureusement pour Richard3, les faits démontrent que le privé n’est pas la solution magique au problème. Peine perdue Richard3, trouvez-vous vite un argumentaire, puisque le privé augmente le coût per capita des soins de santé, qu’il n’améliore pas la qualité de ces soins, et que le tout serait moins accessible qu’il ne l’est là. J’attends un argumentaire. C’est long…

    Et les dires d’Elgrably, ne sont que chiffrables, elle met de côté l’aspect humain de la chose, l’aspect social. Et c’est pourquoi sa vision unidimensionnelle, bornée au capitalisme sauvage, ne lui donne pas raison, les États-Unis en sont un exemple parfait. Per capita, le réseau de santé états-unien est le plus coûteux du monde. Ce même pays, qui crie au meurtre quand on lui parle de système universel, est prêt à dépenser des milliers de milliards, annuellement, pour sauver leur système d’exploitation, ou pour fournir à l’armée, les moyens dont elle a besoin pour aller écraser des mouvements populaires partout dans le monde.

    La France, également, prouve que le privé draine les professionnels du réseau public, pour les rendre au réseau privé, qui n’améliore pas la qualité, les performances, l’accessibilité, mais surtout, le coût per capita.

    Mais, quant au processus lui-même, quant au traitement d’un individu, le privé ne fait pas mieux, la qualité n’est pas meilleure, et per capita, le coût augmente dramatiquement, privant ainsi une part de la population, moins nantie, d’y avoir accès.

  6. Sylvain Guillemette dit :

    À la question posée en titre, je réponds; les riches, les entreprises capables de le faire, une partie de la classe moyenne, les minières qui ne paient pas leurs redevances, les cliniques privées qui ont fait des profits sur la maladie d’autrui, les raffineries, et bref, tous les acteurs mieux nantis de cette société. Je préciserais également; les gens qui ne paient pas leurs impôts, qui travaillent au noir (pas mal de monde), qui s’évadent de la fiscalité du Québec, etc..

    L’argent est là, mais il dort. Cessons de financer les écoles privées, les cliniques privées -parce que l’on rembourse ces dépenses, plus élevées, rappelez-vous en-, les entreprises, exigeons qu’on nous paie nos dûs (Ottawa), et faisons l’indépendance!

    Un Québec indépendant ne serait pas obligé de payer la décontamination de l’Alberta, sauf par sa santé, et les répercussions sur l’environnement qu’a la plus polluante des production pétrolières du monde entier. UN Québec indépendant pourrait nationaliser ses moyens de production, tels, justement, des minières, qui pillent nos sols, ne remblaient pas les trous qu’ils font, cela, sans nous payer les redevances imposées pourtant, par des lois claires et nettes.

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Françoise David
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http://www.francoisedavid.com
Françoise David est née à Montréal et est titulaire d'un baccalauréat en service social de l'Université de Montréal en organisation communautaire. De 1972 à 1977, elle travaille pour l'agence de service social du quartier centre-sud de Montréal et participe à la fondation du Centre de rencontre et d'information Centre-Sud. De 1977 à 1980, elle est personne-ressource au Carrefour des familles monoparentales du Québec (CSSMM). Elle contribuera activement à la restructuration de cette association. De 1982 à 1987, elle devient agente d'information pour le CSSMM en même temps qu'elle occupe la fonction de présidente de son syndicat. En 1987, elle devient coordonnatrice du Regroupement des Centres des femmes où elle découvre toute l'ampleur du mouvement féministe. En 1994, elle devient présidente de la Fédération des femmes du Québec. Ses plus grandes réalisations sont la Marche des femmes contre la pauvreté «Du pain et des roses» de même que la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et la violence, à l'automne 2000. À travers ces actions sociales, elle milite pour l'augmentation du salaire minimum, une amélioration de la loi sur les pensions alimentaires, la rétroactivité de la réduction du temps de parrainage pour les immigrantes et une meilleure accessibilité pour les femmes à de la formation professionnelle et à des logements sociaux avec soutien communautaire. En 2004, elle devient porte-parole du mouvement féministe et altermondialiste Option citoyenne. Elle devient porte parole de Québec solidaire lors de sa création en 2006 et brigue les suffrages pour la première fois le 26 mars 2007. Elle termine en 2ème place avec 7910 voix soit plus de 26 % du vote exprimé dans la circonscription de Gouin. Aux élections de décembre 2008, elle termine bonne deuxième à nouveau et améliore ses résultats en remportant cette-fois-ci près de 32 % des suffrages exprimées. Nous sommes confiants que la prochaine fois sera la bonne !