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Politicoblogue » Politique » Politique québécoise » Le vote obligtoire

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Auteur Sujet: Le vote obligtoire
Alex Chabot
Membre
Messages: 49
Envoyer Le vote obligtoire
on: December 16, 2009, 12:44

Certains pays, tels que l’Australie, la Belgique, la Grèce et le Luxembourg, ont adopté ce type de contrainte pour favoriser la participation politique (voir l’article suivant : http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMAnalyse?codeAnalyse=274 | Voter : un droit ou un devoir?).

À ce sujet, je vous demande donc votre avis sur cette mesure.

Pour vous aider, je vous propose de répondre à deux questions, si vous le voulez bien : le vote obligatoire serait-il une mesure politisante? Va-t-il à l’encontre des droits et libertés inaliénables?

Néanmoins, j’aimerais d’autant plus si vous pouviez soulever de nouvelles questions afin d’approfondir la discussion à ce sujet.

Au plaisir de vous lire!

Modérateur en chef et correcteur pour Politicoblogue.com, depuis 2009.

Fasciné par les comportements humains, Alexandre Chabot-Bertrand étudie la philosophie à l’Université. Ses champs d’intérêts sont larges, malgré un petit penchant pour la philosophie pratique (politique, juridique, éthique, etc.). Par ailleurs, il est étudiant-chercheur à la chaire UNESCO de philosophie de l’UQAM, depuis 2010, dont les recherches portent sur les fondements philosophiques de la justice et de la démocratie.

Jonathan Bolduc
Administrateur
Messages: 55
Envoyer Re: Le vote obligtoire
on: December 16, 2009, 13:11

Il y a deux façon de voir la décision de ne pas voter.

Premièrement, c’est un refus de participer à son rôle social, celui de citoyen. Ultimement, il est impératif de considérer également ce choix comme étant le refus d’un système social, d’une volonté de société.

Deuxièmement, c’est un désintéressement au système, aux activités de la vie, de la cité et de la société.

Dans les deux cas, cela est très grave… Comment palier à cette carence inacceptable.

Père de famille, militant politique, membre fondateur et directeur de Politicoblogue, Jonathan Bolduc encourage les débats et les échanges dans sa démarche.

Alex Chabot
Membre
Messages: 49
Envoyer Re: Le vote obligtoire
on: December 22, 2009, 19:50

Les arguments que tu proposes sont très vrais. D’autant plus que l’article du lien pose une ambiguïté extrêmement importante… le fait qu’il n’y a que 4% de vote annulé en moyenne dans ce type de système. D’où nous pouvons nous demander s’il ne vaut pas mieux s’abstenir de voter, plutôt que de voter pour n’importe qui ou quoi, de peur de se faire flanquer une amende? L’abstention au vote peut donc aussi être perçu comme une délégation de son propre droit de vote au profit de ceux et celles qui prennent le temps de s’informer et qui ont des connaissances plus justes des enjeux sociopolitiques.

Mais il n’en demeure pas moins que la mesure est hypothétiquement légitime : l’obligation de voter favorise-t-il réellement la politisation des citoyens?

Modérateur en chef et correcteur pour Politicoblogue.com, depuis 2009.

Fasciné par les comportements humains, Alexandre Chabot-Bertrand étudie la philosophie à l’Université. Ses champs d’intérêts sont larges, malgré un petit penchant pour la philosophie pratique (politique, juridique, éthique, etc.). Par ailleurs, il est étudiant-chercheur à la chaire UNESCO de philosophie de l’UQAM, depuis 2010, dont les recherches portent sur les fondements philosophiques de la justice et de la démocratie.

Richard3
Membre
Messages: 15
Envoyer Re: Le vote obligatoire
on: January 5, 2010, 05:16

Est-ce que le vote obligatoire politiserait les citoyens?

Selon moi, pas vraiment.

Un faible pourcentage se donnerait peut-être la peine de suivre davantage l’actualité politique, question de ne pas voter dans le vide, ou d’élire n’importe qui. Autrement dit, on pourrait assister, de temps à autres, à un mouvement du genre « n’importe qui, sauf Untel ». Mais pour les autres, ils annuleraient probablement leur vote, ou se contenteraient de voter pour n’importe qui, sachant très bien que le résultat ne leur fera ni chaud, ni froid. Ces gens ne seraient, en bout de ligne, pas plus politisés qu’avant.

Est-ce que le vote obligatoire irait à l’encontre des droits et libertés des citoyens?

Définitivement.

La liberté de s’exprimer, par le biais du droit de vote, comprend aussi la liberté de ne pas s’exprimer du tout, soit l’abstention. Par contre, une telle décision est totalement irresponsable, en ce sens qu’elle peut être interprétée de plein de façons différentes, par l’organisateur du vote (le DGEQ, au Québec), et amènera celui-ci à adopter des mesures visant à favoriser le vote, mesures souvent très dispendieuses, et ce sans succès, puisque les abstentionnistes n’iront pas voter davantage.

Il est préférable, selon moi, d’annuler son vote. Ce comportement démontre une attitude beaucoup plus responsable, en ce sens que l’organisateur du vote se rend compte que l’électeur s’est prévalu de son droit, s’est bel et bien exprimé. Il reviendra alors aux partis politiques de présenter des programmes qui correspondent davantage aux aspirations des citoyens. La situation permettra également l’émergence de nouveaux partis, qui proposeront des programmes différents de ceux des partis traditionnels.

Mais il est clair que le vote obligatoire sera bel et bien une obligation, ce qui va à l’encontre du principe des droits et des libertés.

Que faire pour amener les citoyens à aller voter?

Je crois que la réponse appartient aux partis politiques eux-mêmes; ils doivent trouver le moyen de mobiliser les citoyens, de leur faire comprendre qu’il est important, s’ils veulent que leurs aspirations aillent de l’avant, qu’ils votent pour eux. Les partis politiques, actuellement, donnent l’impression que les aspirations réelles des citoyens sont très secondaires; à part leurs positions constitutionnelles, le programme des trois principaux partis, au Québec, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Ils se fient davantage aux sondages d’opinion qu’à l’opinion de leurs concitoyens.

Il faudrait que les partis politiques soient plus près des citoyens, que le porte-à-porte des campagnes électorales se prolonge au-delà de celles-ci, question de permettre aux citoyens de s’exprimer, de donner leur opinion, et surtout de poser des questions directement à leur député. Bref, que la politique se passe au niveau des gens. Les députés sont à leur bureau de comté une fois de temps à autres, et attendent les gens; ce sont toujours les mêmes, soit ceux qui ont du temps, et/ou des enveloppes brunes à livrer, qui s’y présentent. Il faudrait que le député sorte de son bureau, pour aller vers les citoyens, question que ceux-ci se sentent impliqués, se sentent importants.

Livreur de produits alimentaires, pour une entreprise de la couronne nord de Montréal, Richard3 aime bien descendre de son camion pour prendre quelques photos, mais surtout pour jeter un oeil à la politique en général, provinciale en particulier, et mettre son commentaire. Membre d’aucun parti, il recherche constamment l’honnêteté, autant en politique que sur d’autres sujets. Il écrit Le blogue de Richard3.

Jonathan Bolduc
Administrateur
Messages: 55
Envoyer Re: Le vote obligtoire
on: January 5, 2010, 14:44

@ Richard 3

Annuler son vote, reviens à se déplacer pour voter. Parce que le citoyen doit tout de même cocher sur la petite feuille.

Le problème principal est ne pousser ce déplacement, vers les bureaux de votes.

Père de famille, militant politique, membre fondateur et directeur de Politicoblogue, Jonathan Bolduc encourage les débats et les échanges dans sa démarche.

Alex Chabot
Membre
Messages: 49
Envoyer Re: Le vote obligtoire
on: January 5, 2010, 15:38

Je suis en accord avec les grandes lignes de Richard.

Certains points accrochent cependant, comme l’annulation des bulletins, l’abstention au vote et l’augmentation du niveau moyen de politisation.

Annulation et politisation

Dans les pays ayant cette mesure,…

…on constate que le nombre de bulletins annulés est anormalement bas, ce qui tend plus à dire que les gens seront plus porté à voter pour n’importe qui plutôt qu’annuler leur vote.

…on constate aussi que la population est plus informée que la moyenne en ce qui a trait à ce qui se passe en politique.

Droits, libertés, justice et société

Je suis plutôt du même avis que Richard sur les droits et libertés… quoique si les droits et libertés sont des entraves au bon fonctionnement d’une société (comme le droit de se foutre totalement des affaires de la cité), je reste perplexe. Faut-il dériver en aristocratie ou plutôt essayer de colmater les trous pour aspirer à une vie en société plus digne et démocratique? En d’autre termes, si on accepte l’exclusion systématique causée par les limites des principes de droit et liberté quant à leur capacité de respecter le principe fondamentale en démocratie, c’est-à-dire la participation du citoyen dans le processus décisionnel concernant les affaires de la cité, on doit aussi accepter que ce n’est plus de la démocratie, mais que nous acceptons une organisation politique aristocratique. C’est donc une remise en question de la démocratie, ce sur quoi notre organisation politique est bâtie.

Bref, si les résultats du vote obligatoire étaient mieux étudiés et que les avantages et les inconvénients mieux circonscrits, et qu’il y aurait clairement avantage à adopter le vote obligatoire,… je délaisserais sans hésiter les droits et libertés de vote pour l’obligation. Or, comme je ne suis pas satisfait, je demeure sans position claire et précise à ce sujet.

Abstention légitime

Aussi, j’ai dit que je n’étais pas tant en accord avec Richard sur l’abstention au vote. Je sais que ce n’est pas le peuple en général qui voit l’abstention comme tel, mais je crois que l’abstention est un refus de l’institution (mode de scrutin), ce que l’annulation ne fait pas. L’annulation cautionne l’institution, mais refuse l’offre politique et l’abstention refuse la façon dont son propre vote est pris en compte dans le calcul. Personnellement, je n’aime pas le principe du « winner takes all » (notre trad. : le gagnant l’emporte intégralement), ce qui occasionne régulièrement des gouvernements majoritaires avec un peu plus de 30% de l’appuie des citoyens ayant exprimés leur préférence. Il y a donc une véritable lacune de la représentation déjà ici.

Bref, l’abstention peut signifier quelque chose, mais je demeure conscient que ce n’est pas le sens général compris lorsqu’on s’abstient. Aussi ce pourquoi je crois qu’il est important de ne pas repousser du revers de la main les gens qui ne votent pas, comme la majorité des groupes (dgeq, partis politique, etc.) ou individus, mais de leur faire comprendre la signification véritable de l’abstention. En d’autre mots, éclairer, informer, instruire, plutôt qu’aliéner, orienter, dicter,…

Conclusion

Je crois que l’obligation au vote n’est pas une mesure qui vient seule. Elle doit venir avec d’autres actions, normes, règles, etc. Je suis aussi d’accord avec le fait que le dernier point de Richard à propos du lien entre le représentant et les représentés. Or, je crois que pour l’instant, le fondement de ce problème est plus systémique qu’autre choses. À titre d’exemple, la ligne de fer des partis politique et quelque chose d’extrêmement anti-représentation politique en soi. Il y a d’autres exemples. Il faut revoir certaine chose, car je crois que les problèmes dus au système dépassent ceux des individus.

Modérateur en chef et correcteur pour Politicoblogue.com, depuis 2009.

Fasciné par les comportements humains, Alexandre Chabot-Bertrand étudie la philosophie à l’Université. Ses champs d’intérêts sont larges, malgré un petit penchant pour la philosophie pratique (politique, juridique, éthique, etc.). Par ailleurs, il est étudiant-chercheur à la chaire UNESCO de philosophie de l’UQAM, depuis 2010, dont les recherches portent sur les fondements philosophiques de la justice et de la démocratie.

Vincent Blanchard
Membre
Messages: 12
Envoyer Re: Le vote obligtoire
on: January 7, 2010, 00:48

Est-ce que le vote obligatoire politiserait les citoyens?

La question est bonne mais elle est aussi réductrice du seul fait qu’elle considère l’action politique comme seulement de voter alors qu’à mon avis, la politique peut se faire sur différents champs d’action. La manifestation en est une, le militantisme dans un groupe de pression, communautaire ou à but environnemental. Ces quelques exemples ne sont qu’une mince part de l’étendue de l’action politique. Le vote n’est qu’une autre de ces actions et la rendre obligatoire ne politiserait personne car même si les gens sont désintéressé par l’action politique traditionnelle, je crois qu’ils s’orientent vers une nouvelle méthode d’approche à laquelle Tocqueville, dans de la démocratie en Amérique, avait bien saisi. Les gens sont dépolitisé de l’action politique traditionnelle, mais ils sont politisé par l’action politique qui les touchent.

Est-ce que le vote obligatoire irait à l’encontre des droits et libertés des citoyens?

Techniquement probablement pas étant donné que d’autres pays l’ont fait et qu’ils possèdent une charte. Moralement et bien c’est un peu comme si on disait la chose suivante: « Nous allons IMPOSER la LIBERTÉ politique pour que les citoyens soient plus libre». Voilà où en est rendu dans notre démocratie, à se poser cette question, devons-nous rendre obligatoire la liberté et s’il y a un livre qui est d’actualité aujourd’hui c’est «De la démocratie en Amérique» de Tocqueville. Obliger les gens à voter est ridicule, c’est de se bander les yeux et de dire que la démocratie dans son État actuel va très bien, bref c’est de fuire les véritables enjeux. Au Québec, il y a tout l’enjeux de la proportionnalité, de la politique municipale, du financement des partis politiques et j’en passe. Ce sont ces enjeux qui devraient être discuter au lieu d’en venir à sauter sur cette disposition.

J’aime bien me rappeler que la liberté ne se donne pas mais elle se prend.

Altermondialiste

Serge Gagnon
Administrateur
Messages: 25
Envoyer Re: Le vote obligtoire
on: January 7, 2010, 04:01

J’ai lue le texte suggéré et je suis en accord avec les conclusions de Monsieur Gosselin.
Je pense que le vote est une fonction essentielle d’un État démocratique comme respirer l’est pour un humain et qu’il ne peut en être autrement puisque le peuple lui-même est souverain.

Selon moi, si le vote n’est pas encore obligatoire ou ne l’a pas majoritairement été dans les démocraties, c’est qu’au départ le vote n’était pas universel. On tentait de contrôler historiquement le gouvernement et ses élus en contrôlant le droit de vote. Les Grands Électeurs américains sont des séquelles de ces combats que l’on peut observer encore aujourd’hui dans une des plus grandes (sinon la plus grande) des démocraties actuelles. Ce n’est donc pas parce qu’il serait illogique que tous les citoyens votent ou bien que ce ne soit pas bien selon des questions plus normatives que l’obligation de voter pour chaque citoyen ne soit pas codifiée dans les versions originales des constituions des États démocratiques.

Pour en revenir au texte de Monsieur Gosselin, je n’ai cependant pas été très d’accord avec la plupart des arguments qu’il a avancés pour expliquer les avantages d’obliger les gens à voter dans les États démocratiques. J’ai même pensé que l’ensemble des arguments que l’auteur avançait étaient faisait justement partie des causes qui engendrerait le déficit démocratique dans les États du même nom.

Dans le premier paragraphe de la section « Légitimité et représentativité » l’auteur parle de représentativité. Il dit que les gens des classes sociales inférieures votent moins et sont donc moins représentées au gouvernement. C’est qu’au départ, est-ce que le choix des candidats les représente vraiment ces classes inférieures quand ont sait que les candidats font partie d’une certaine élite de la société? Si j’ai le goût d’un steak et que le seul restaurant du coin est un McDo, je n’ai pas vraiment de chance d’avoir ce que je désire, même si on m’offre un menu varié. Le choix des candidats ne dépend pas des citoyens et il n’est pas non plus représentatif de l’ensemble des classes sociales.

Certaines études ont démontré que, plus ont avait un intérêt à s’occuper de la politique, plus ont avait de chance de, potentiellement du moins, influencer les candidats élus afin que ces derniers changent les politiques publiques aux avantages des premiers. Les mêmes études ont démontré aussi que pratiquement seules les classes supérieures avaient les moyens d’influencer les candidats. Donc, il y a un intérêt de s’occuper de politique surtout si on est dans les classes supérieures de la société et cela explique les pourcentages de participation aux élections que l’auteur nous montre dans son texte. Je ne pense donc pas que, sous cet éclairage, le vote obligatoire a un quelconque avantage.

Dans l’autre paragraphe, l’auteur nous dit que Bush a gagné ses élections avec 1% de plus que son adversaire et que cela représentait un appui de seulement 30% des électeurs. Je ne vois pas ici ce qu’il y a de démocratique dans le fait que l’administration présidentielle, l’exécutif de ce pays, soit composée à 100% à partir du choix d’un seul candidat (le gagnant) et non pas proportionnellement entre les deux grand candidat selon le pourcentage de Grands Électeurs. Bref, rien pour redorer le vote dans les États démocratiques.

En fait, moi ce que j’en pense en conclusion, c’est que ça devrait être obligatoire « comme faire ses impôts » comme l’auteur nous disait. Ça ne devrait pas faire la question d’un débat. Mais, puisque nous ne somme pas partie de cette manière au début de ce type d’État, nous n’aurons pas le choix d’en parler si on veut que ça change.

Je pense que ça ne changera pas tout seul pour les mêmes raisons qu’une catégorie de gens a, au départ, tenté de contrôler le gouvernement en contrôlant le vote. Les inégalités font toujours parties de nos sociétés. Il est logique de dire que certaines personnes en profitent et qu’elles ne veulent pas céder ces avantages.

Dans un tout autre ordre d’idée, je pense que ça pourrait habituer les gens à s’occuper du politique. Remarquez que j’ai dit « s’occuper » et non s’intéresser au politique. On peut s’occuper d’une tâche et la faire très bien sans nécessairement en être passionnée. Prenons par exemple nos impôts, ou bien l’épicerie de la semaine pour faire plus simple bien que ça soit du même principe. Une fois la machine partie, peut-être que d’ici deux ou trois générations les gens en auraient plus pour leurs argents en ce qui concerne les candidats qui se présentent aux élections et qu’il serait plus satisfait des gouvernements de leur État.

Bouh!

Serge Gagnon
Administrateur
Messages: 25
Envoyer Re: Le vote obligtoire
on: January 7, 2010, 06:48

Je voudrais répondre en partie à la question de Richard3 qui nous demande que faire pour amener les citoyens à aller voter.

Je suis d’accord avec Richard3 quand il dit que la politique devrait se passer au niveau des gens. Puisque ce sont les citoyens qui sont finalement les patrons et souverains des États démocratiques, la politique devrait effectivement se passer à leur niveau.

Puisque l’État c’est leur affaire aux citoyens, je pense que c’est leur affaire de s’en occuper aussi. Je ne pense donc pas que c’est aux partis politiques de trouver des solutions pour amener le citoyen à s’occuper de ses propres affaires. Le parti, c’est un vendeur qui promet des choses pour être engagé par le citoyen. Il n’est pas son conseiller, son patron, sa mère ni autre chose hiérarchiquement au dessus du citoyen et n’est surtout pas souverain au sein d’un État.

Je pense encore que c’est à la longue et par habitude que le citoyen trouverait un intérêt à aller voter si le vote était obligatoire. C’est si important au sein d’un État démocratique : pas de vote = pas d’élus = pas de gouvernement. Pourtant, on se fout des obligations pour des questions vraiment moins fondamentales comme obligation : de conduire à droite, d’être assez vêtu en public, de s’adresser convenablement à un policier, etc.

Selon moi, la question de la légitimité d’une telle mesure ne se pose même pas. Je pense que, probablement, seuls les gens qui préféreraient un certain statu quo dans nos sociétés pourraient avoir un avantage à proposer sérieusement ce genre de débat pour faire trainer le processus de mise en application du vote obligatoire. Par exemple, c’est comme le lobby de la santé au É-U qui a influencé certains sénateurs à présenter le plan d’Obama comme une entrave à leur chère liberté. Vous vous imaginez… en plus plein de gens les ont crus, on sait que ça marche quand ont les prend par la peur.

Monsieur Vincent Blanchard, les enjeux que vous mentionnez sont effectivement très importants et il faut s’en occuper. Vous mentionnez qu’il faudrait en discuter. Voilà, si personne ne vote et ne s’occupe de et du politique au Québec, avec qui devrions-nous en discuter? Sûrement pas avec un parti au gouvernement (ou qui pourrait potentiellement former le prochain) qui a profité du mode de scrutin, d’un découpage de la carte électorale et d’un financement douteux pour se rendre où il est.
Probablement que s’il y avait du monde en masse dans les estrades, on s’occuperait de boucher les trous sur le jeu, de couper le gazon, que les jugements arbitraires de l’arbitre se feraient remarquer plus facilement et serait dénoncé de même sait-on.

Bouh!

Vincent Blanchard
Membre
Messages: 12
Envoyer Re: Le vote obligtoire
on: January 8, 2010, 17:44

M. Gagnon,

Si les gens ne veulent pas s’en occuper, je vois mal comment il faudrait que nous les tenions par le bras pour les amener accuser de leur liberté politique. La liberté se prend, pas se donne. Je peux comprendre l’idée de vouloir faire le bien de l’ensemble, mais si l’ensemble ne veut pas se lever, il est impossible d’agir si ce n’est que par la conscientisation de la masse à cette cause et de tenter de l’éveiller. Présentement, elle préfère discuter d’accomodements raisonnables et de laïcité, un débat que je trouve somme toute perfide mais qui éveille un ressentissement chez la majorité. Que voulez-vous que j’y fasse de plus? De plus, rien n’est certain que le vote retourne directement aux plus petits partis qui auraient avantage à faire évoluer la cause de la réforme des institutions démocratiques. Il même fort à parier qu’il retourne aux deux gros partis étant donné que ce sont les deux plus affichés partis dans l’actualité et parce qu’ils ont les moyens monétaires pour le faire.

Le vote ne doit pas être un devoir mais une volonté.

Altermondialiste

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