Est-ce que le vote obligatoire politiserait les citoyens?
Selon moi, pas vraiment.
Un faible pourcentage se donnerait peut-être la peine de suivre davantage l’actualité politique, question de ne pas voter dans le vide, ou d’élire n’importe qui. Autrement dit, on pourrait assister, de temps à autres, à un mouvement du genre « n’importe qui, sauf Untel ». Mais pour les autres, ils annuleraient probablement leur vote, ou se contenteraient de voter pour n’importe qui, sachant très bien que le résultat ne leur fera ni chaud, ni froid. Ces gens ne seraient, en bout de ligne, pas plus politisés qu’avant.
Est-ce que le vote obligatoire irait à l’encontre des droits et libertés des citoyens?
Définitivement.
La liberté de s’exprimer, par le biais du droit de vote, comprend aussi la liberté de ne pas s’exprimer du tout, soit l’abstention. Par contre, une telle décision est totalement irresponsable, en ce sens qu’elle peut être interprétée de plein de façons différentes, par l’organisateur du vote (le DGEQ, au Québec), et amènera celui-ci à adopter des mesures visant à favoriser le vote, mesures souvent très dispendieuses, et ce sans succès, puisque les abstentionnistes n’iront pas voter davantage.
Il est préférable, selon moi, d’annuler son vote. Ce comportement démontre une attitude beaucoup plus responsable, en ce sens que l’organisateur du vote se rend compte que l’électeur s’est prévalu de son droit, s’est bel et bien exprimé. Il reviendra alors aux partis politiques de présenter des programmes qui correspondent davantage aux aspirations des citoyens. La situation permettra également l’émergence de nouveaux partis, qui proposeront des programmes différents de ceux des partis traditionnels.
Mais il est clair que le vote obligatoire sera bel et bien une obligation, ce qui va à l’encontre du principe des droits et des libertés.
Que faire pour amener les citoyens à aller voter?
Je crois que la réponse appartient aux partis politiques eux-mêmes; ils doivent trouver le moyen de mobiliser les citoyens, de leur faire comprendre qu’il est important, s’ils veulent que leurs aspirations aillent de l’avant, qu’ils votent pour eux. Les partis politiques, actuellement, donnent l’impression que les aspirations réelles des citoyens sont très secondaires; à part leurs positions constitutionnelles, le programme des trois principaux partis, au Québec, c’est bonnet blanc, blanc bonnet. Ils se fient davantage aux sondages d’opinion qu’à l’opinion de leurs concitoyens.
Il faudrait que les partis politiques soient plus près des citoyens, que le porte-à-porte des campagnes électorales se prolonge au-delà de celles-ci, question de permettre aux citoyens de s’exprimer, de donner leur opinion, et surtout de poser des questions directement à leur député. Bref, que la politique se passe au niveau des gens. Les députés sont à leur bureau de comté une fois de temps à autres, et attendent les gens; ce sont toujours les mêmes, soit ceux qui ont du temps, et/ou des enveloppes brunes à livrer, qui s’y présentent. Il faudrait que le député sorte de son bureau, pour aller vers les citoyens, question que ceux-ci se sentent impliqués, se sentent importants.
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