Publié le 22 décembre, 2009 à 09:10 par Louis Préfontaine
Hausse des tarifs: dislocation sociale 101

source: http://fdesbordes.unblog.fr/
La Presse travaille fort pour nous convaincre de la nécessité de hausser les tarifs d’électricité. L’organe de presse de Power Corporation, sous la plume de son nouveau caniche des pages éditoriales, utilise l’exemple du Vénézuela, où l’essence est peu coûteuse, pour parler du gaspillage systématique d’une ressource lorsque son prix n’est pas fixé par le marché. Derrière cette logique apparente se cache une idéologie beaucoup plus pernicieuse: mettre fin aux services publics et forcer les citoyens à payer le coût réel pour chaque service.
Ainsi, même s’il a été démontré par l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) que les hausses de tarifs d’électricité n’empêchent pas le gaspillage car l’électricité possède une très faible élasticité-prix – elle est à ce point nécessaire dans notre climat froid qu’on ne peut qu’appauvrir la majorité de la population en augmentant son prix – et que ces hausses toucheraient principalement la classe moyenne et les plus démunis, les idéologues de La Presse n’en démordent pas: il faut faire payer le « vrai » prix aux citoyens.
Or, à quoi ressemblerait une société où le principe de l’utilisateur-payeur serait érigé en dogme absolu? Autrement dit: pourquoi s’arrêter à l’électricité si la recette est si efficace? Si tout ce qui est fourni au citoyen en-dessous de la valeur marchande est gaspillé, pourquoi ne pas s’attaquer aux autres forme de gaspillage?
- Santé. Les citoyens devraient payer le coût réel de chaque hospitalisation, de chaque opération, de chaque visite chez le médecin. « Monsieur, vous opérer coûterait 10 000$, avez-vous l’argent? » Un tel système ressemblerait à ce qui se fait aux États-Unis, qui possède un réseau de la santé presque deux fois plus coûteux qu’au Canada et qui est responsable de la mort de plus de 100 000 personnes par année, conséquence d’une trop grande place faite au privé.
- Éducation. Pourquoi l’État devrait-il fournir l’éducation à ses citoyens en-dessous du prix du marché? Il faudrait démanteler le réseau public et facturer directement les parents. Au Canada, on estime le coût d’une année d’étude à plus de 3500$ au primaire et 4700$ au secondaire. C’est donc dire que le coût moyen assumé par chaque parent pour assurer une éducation de base à ses enfants serait de 45 000$. Croyez-vous que beaucoup d’enfants d’Hochelaga-Maisonneuve ou de Montréal-Nord iraient à l’école?
- Transport. L’entièreté du coût des transports en commun devrait être assuré par les citoyens. Oubliez la CAM à 70$; s’il faut faire payer le coût réel du service, il faudrait probablement doubler le coût de la passe mensuelle à Montréal. En outre, assurerait-on des services dans les quartiers pauvres, moins rentables? Ou la nuit? Oubliez-ça: comme à Detroit, un service pourri, sur les grandes artères seulement, hors-de-prix, et très irrégulier. Dans un tel contexte, nombreux sont ceux qui préféreraient utiliser leur voiture!
- Garderies. Sept dollars par jour, êtes-vous fou? Qu’importe si les Centres de la petite enfance (CPE) ont contribué à la hausse du taux de natalité. Non, non, payez mes amis. Oubliez ça, 35$ par semaine pour faire garder vos enfants; pensez plutôt à 35$ par jour, 175$ par semaine! Il ne faudrait quand même pas gaspiller un tel service en y envoyant « trop » vos enfants!
- Aide sociale. Quelle est la valeur réelle du B.S.? Nulle, diraient certains. Si on doit faire payer le « vrai » prix aux citoyens, il faut être conséquent et éliminer le B.S. Et ces gens, sans emploi, sans B.S., qui ne peuvent ni se faire soigner gratuitement, ni se faire éduquer, ni se déplacer, ni faire garder leurs enfants, que leur resterait-il? Le nombre de vols, de meurtres et de délits divers exploserait (les gens doivent se nourrir et on ne peut pas inventer 500 000 emplois demain matin).
Le beau programme. On rêve déjà, n’est-ce pas? Des quartiers entiers poussés dans la pauvreté, la précarité, des gens qui meurent faute de soins, le taux d’analphabétisme qui explose, une mobilité quasi-absente, des vols, de la misère, des riches qui s’isolent derrière des grilles pour se protéger de la rapace…
Mon grand-père, de son vivant, me parlait parfois de Ville Jacques-Cartier, sur la rive-sud, une bourgade dont le territoire compose le gros de l’actuelle ville de Longueuil. J’habitais à Longueuil, à l’époque, et il m’avait expliqué pourquoi à un certain endroit les rues n’arrivent pas les unes face aux autres: « À l’époque, qu’il me racontait, il y avait une palissade entre Longueuil, son électricité, ses rues asphaltées, son réseau d’égout et ses riches citoyens, et Ville Jacques-Cartier, avec ses rues de boues, ses bécosses, ses maisons délabrées. Ville Jacques-Cartier, c’était la misère noire. »
Ne voilà-t-il pas le comble du comble du paiement du coût « réel » de chaque service? Des quartiers trop pauvres pour avoir l’eau courante, des rues asphaltées… Et on ne parle pas ici des conditions épouvantables de santé ou d’éducation. Voilà ce vers quoi veulent nous amener les gentils idéologues de La Presse de Power Corporation. Tout pour les riches, qui peuvent se payer le coût réel, et rien pour les autres. Dislocation sociale 101.
Payer moins cher que le prix du marché, c’est aussi déclarer qu’un service est trop important pour laisser le jeu de l’offre et de la demande en dicter le prix. Ce n’est pas du gaspillage, mais une juste appréciation de la nécessité de protéger la classe moyenne et les plus démunis. Car à partir du moment où on accepte de hausser les tarifs d’un service aussi essentiel que l’électricité, on ouvre la porte aux pires excès et on redécouvre les plus grandes noirceurs d’un passé qu’on croyait loin derrière soi.
http://louisprefontaine.com/2009/12/19/hausse-tarifs-la-presse
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Mots clés: électricité • La Presse • pauvreté • power coporation • Québec • tarifs • ville jacques-cartier
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Si au moins les hausses de tarifs allaient de pair avec une bonification des programmes sociaux venant en aide aux plus démunis, cela ferait un peu plus de sens. Or, les récentes coupures dans ces programmes d’aide tendent à laisser croire que, en effet, on cherche à faire payer les classes moyennes et défavorisées. Quels sont les effets recherchés de ces politiques?
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«L’organe de presse de Power Corporation, sous la plume de son nouveau caniche des pages éditoriales, utilise l’exemple du Vénézuela, où l’essence est peu coûteuse, pour parler du gaspillage systématique d’une ressource lorsque son prix n’est pas fixé par le marché»
En fait, ici même, au Canada, au Québec à vrai dire, on voit régulièrement, moi dans au sein de mon labeur quotidien, des travailleurs autonomes qui laissent tourner leur moteur en attendant de se faire faire servir au comptoir du commerce ou je travaille. Ils ne sont surtout pas rares! Et pourtant! L’essence est régulée par le marché capitaliste! Ben coudonc! Mais de toute façon, c’est la même Presse totalitaire, qui faisait des articles, sur internet, sur l’anniversaire du soit disant communisme de Roumanie! Eh bien!
Aussi, j’ajouterais que chaque jour, un de mes camarades de travail que j’apprécie, se doit, non pas par bon vouloir, mais par soucis du patronat, d’arroser des machineries immenses, à coups de milliers de litres d’eau, si ce ne sont pas des millions de litres! Pourquoi donc? Pour qu’elles brillent aux yeux du client c’est affaire! Eh bien! Une chance que le marché est là!
Et au Brésil, il ne reste plus que 1/3 de leur forêt vierge amazonienne! Ça doit être grâce au marché! Et les États-Unis ne cessent de gaspiller leur eau, ils en sont rendus, justement, à la mêler au marché, elle aussi. Donc à Détroit, ses habitants doivent payer pour l’eau, sans quoi, ils meurent de soif. Point final!
Vive le marché «libre»!
Quant au Venezuela lui-même, ne faut-il pas ajouter que, l’oligarchie en place, sabote sans arrêt l’économie vénézuélienne? L’inflation est pareille à celle observée lors du gouvernement Allende au Chili. Elle est exagérée. Et rappelons au lectorat que, l’oligarchie possède encore la majorité des moyens de production, et des commerces, et des terres. Et ce, sans parler de l’arrêt de Washington d’acheter le pétrole vénézuélien, alors que le Venezuela était le 4e fournisseur en pétrole aux États-Unis. Maintenant, les États-Unis prennent de plus en plus, de notre pétrole albertain, soit le plus polluant des pétroles de la Terre, de par la pollution engendrée par sa transformation, et son transport –et des eaux usées qu’il laisse-.
«les idéologues de La Presse n’en démordent pas: il faut faire payer le « vrai » prix aux citoyens.»
Justement, et par cette logique tordue, ils démontrent leur idéalisme, leur fi de fait, des processus qui forment un riche ou un pauvre. L’honnête citoyen, même en travaillant son 40 heures, ou plus, s’il ne touche pas un salaire décent, ne peut se permettre ces maigres caprices, qui sont, rappelons-le, essentiels au Québec –je parle du courant, de la santé et de l’éducation-.
Même les travailleurs de La Presse ne sont pas tous en accord avec les dires de ce torchon! La preuve, j’y connaissais un communiste! Quant au vrai prix, qu’ils l’avouent au moins, il est plus important per capita, une fois les services privatisés. Et ce sera donc, selon eux, chacun pour soi. Alors les travailleurs de La Presse nous disent-ils ici, de ne pas les supporter aux prochaines chicanes avec leur patron, lorsqu’il y aura Lock-Out? Alors soit! Ce sera mon mot d’ordre en tout cas!
«Voilà ce vers quoi veulent nous amener les gentils idéologues de La Presse de Power Corporation.»
Paul Desmarais n’est qu’une plaie, je lui souhaite un cancer généralisé. Ce serait une bonne chose pour l’humanité. Ce type, sur des photos, accompagne des gens comme Gertler, Mulroney, Chrétien, et bien d’autres, comme Bush Sr, et cie, tous au service des minières canadiennes et états-uniennes au Congo, et sont responsables de nombreux massacres, et de plusieurs millions de morts dans ce même pays divisé, divisé par les minières! De 1997 à 2003, les conflits au Congo ont fait plus de 4 millions de morts. De 2003, à aujourd’hui, pratiquement autant. Ces gens, qualifient de «dommages collatéraux» ces morts de masse, qui enrichissent pourtant leurs actifs… Même Harper est du lot! La belle équipe! Sans parler de Sarkozy, et de son demi-frère à la Banque mondiale!
Vive le capital, et le dogme qui vient avec!
Aussi, ajoutons qu’avant l’assurance maladie, au Québec, les gens devaient faire avec le privé, et c’est pour cela, avec la grogne populaire, que nous avons obtenu ce système, bien moins couteux per capita, que le privé! Et même si nous retournons au privé, la grogne populaire nous redonnera un système public. Les capitalistes ont en fait perdu leur pari, le système capitaliste n’est qu’un vulgaire fiasco, qui se plante aux 30-40 ans, qui cartellise les richesses, qui appauvrit d’avantage la majorité humaine, le prolétariat. En fait, sans les prolétaires, le capitalisme n’est qu’un fantasme de riches. On devrait les laisser tomber, nationaliser les moyens de production, et les laisser paître dans leur caca, puisqu’ils seront même incapables de se faire du papier de toilette! Bande de paresseux, d’incapables, d’inutiles! Si Hitler, lui, détestait et rendait de son argumentaire maladroit, inutiles; les juifs, les handicapés, les homosexuels, les vieillards et les communistes, je me vois moi, avec l’argumentaire suivant –les bourgeois sont inutiles, non-méritants, et totalement inessentiels à notre émancipation, à notre évolution-, dans l’obligation de dire, que les bourgeois devraient disparaître de la surface de la Terre, en tant que classe. Je propose qu’on nationalise tous les moyens de production, et qu’on les envoie dans des camps de travail forcé. C’est ce qu’ils nous font, contre un salaire. Au pire, envoyons-les sur une île déserte, où ils auront tout à construire, et voyons ensuite, quel mérite auront-ils vraiment, sans la force de travail des prolétaires! Fainéants!
Et à la question de Alexandre Chabot-Bertrand, je réponds: Faire avancer la cause bourgeoise!
Quelqu’un peut m’expliquer ce que ces signes font sur mon intervention?
Sylvain, il s’agit vraisemblablement d’un problème technique relatif à un « plugin » récemment installé.
Serge Gagnon, le responsable technique de PB s’affaire présentement à colmater la brèche.
Tu peux le joindre facilement à: serge.gagnon@politicoblogue.com
C’est fait Jonathan.