Publié le 27 mai, 2009 à 18:42 par Amir Khadir
La propagande fauche des vies
J’ai voté aujourd’hui en faveur d’une motion déchirante présentée à l’Assemblée nationale par Carole Poirier, la nouvelle députée d’Hochelaga-Maisonneuve. La motion demande :
«Que l’Assemblée nationale transmette aux soldats du 22e régiment de Valcartier en Afghanistan notre reconnaissance pour le travail effectué auprès de la population afghane.»
Je l’ai fait, car sans mon consentement, aucun débat n’aurait pu y avoir lieu sur une propagande répandue par l’Armée canadienne pour enrôler de jeunes québécoises et québécois- moins souvent de gré que par la force de leur condition sociale qui les entraîne à faire la guerre pour réaliser des rêves aussi légitime que de trouver du financement pour leur études! Cette propagande consiste à prétendre que si l’Armée canadienne se trouve en Afghanistan, c’est pour aider le peuple Afghan, c’est pour sauver les femmes afghanes. Des soldats animés souvent de meilleures intentions peuvent le croire. Comme Karine Blais, victime d’une bombe artisanale en Afghanistan et dont la famille réclame le retrait des troupes. Mais la meilleure reconnaissance que l’on puisse démontrer aux soldats du 22ème régiment c’est de leur faire voir la réalité.
Voici ce que j’ai eu le temps de dire à ce sujet en Assemblée pour commenter la motion :
« M. le Président. J’ai accepté de donner mon consentement à cette motion par respect d’abord pour des jeunes et des moins jeunes qui sont à l’œuvre pour ce qu’ils et elles pensent être au service de la population afghane, au service sans doute de la population canadienne et québécoise, au service de la paix. J’ai donné mon consentement par respect pour ma collègue
d’Hochelaga-Maisonneuve, pour l’intime conviction que son fils comme des milliers d’autres Québécois et Québécoises qui ont été là, qui ont été dans différentes interventions, soit humanitaires soit de nature plus offensive du Canada, au cours des ces dernières années, y ont été impliqués dans l’idée qu’ils rendaient un service à la démocratie.Cependant, lorsqu’on regarde le résultat, lorsqu’on regarde sur le terrain ce qui se passe, malheureusement je suis obligé de souligner ici qu’il est très difficile de reconnaître, pour moi, que l’intervention de l’armée canadienne en Afghanistan est effectivement au service du peuple afghan. Il est très difficile pour moi de me convaincre que l’intervention de l’armée canadienne en Afghanistan est au service des femmes afghanes. Ça fait partie d’une propagande véhiculée par l’armée américaine qui contrôle l’intervention. Les généraux cinq étoiles américaines qui contrôlent, depuis sa fondation, les forces armées de l’OTAN dont le commandement, depuis 2003, aussi a été relégué d’office au commandement militaire américain et que le Canada et la communauté internationale ont été obligés devant les faits d’accepter comme intervention militaire en Afghanistan.»
J’ai aussi affirmé que: «Depuis 30 ans, les femmes afghanes, depuis le renversement d’un régime démocratique par les forces alimentées par l’intervention américaine…» lorsque j’ai été interrompu alors que je m’apprêtais à enchaîner pour dire : avant l’invasion Russe, un régime relativement démocratique envers les femmes, a été déstabilisé par des seigneurs féodaux financés et équipés par la CIA américaine, qui ont par la suite mis l’Afghanistan à feu et à sang. La guerre entre Russe et Américains sur le dos du peuple afghan, a débouché sur l’horrible régime théocratique des Talibans, financés eux aussi au Pakistan par les alliés des États-Unis et sur la montée en puissance de Ben Laden. Prétendre dans ces circonstances que l’OTAN sous commandement américain intervient en Afghanistan dans le but de sauver les femmes afghanes, est une fiction au service d’une propagande meurtrière. Une propagande qui bénéficie à l’industrie militaire et aux intérêts pétroliers et fauche la vie de milliers d’Afghans et de centaines de soldats bien intentionnés.
Mots clés: Afghanistan • Amir Khadir • Canada • gauche • Guerre • impérialisme • Québec • Québec Solidaire
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On pourrait déblatérer longtemps sur le bien fondé de la mission canadienne en Afghanistan, mais utiliser la mémoire de Karine Blais pour véhiculer cette histoire de propagande de l’armée canadienne est foncièrement malhonnête.
C’est tout aussi malhonnête que d’affirmer que les jeunes militaires sont enrôlés « par la force de leur condition sociale qui les entraîne à faire la guerre pour réaliser des rêves aussi légitime que de trouver du financement pour leur études! » La très grande majorité des étudiants québécois trouvent du financement pour leurs études sans s’enrôler dans l’armée canadienne, et ça, les québécois le savent aussi bien que vous et moi, monsieur Khadir. De plus, les hommes et les femmes qui s’enrôlent dans l’armée savent très bien qu’ils n’y vont pas pour jouer les touristes. Les forces canadiennes sont reconnues pour leurs missions humanitaires, c’est vrai, mais elles demeurent, d’abord et avant tout, des forces armées, et personne n’est venu se plaindre qu’il ne savait pas que cette armée, un jour ou l’autre, pourrait faire la guerre.
Monsieur Khadir, le fait d’avancer de telles propos n’aident en rien votre parti à se constituer la crédibilité nécessaire pour que ne soyez pas le seul député élu de l’histoire de Québec solidaire. Il serait de beaucoup préférable d’éviter de prendre les québécois pour des imbéciles.
On ne déblatère pas sur le but de la mission en Afghanistan : toute la communauté scientifique sait très bien que c’est pour sortir le pétrole du Turkménistan.
Le fait qu’une majorité d’étudiants ne s’enrôlent pas dans l’armée pour financer leur études mais crèvent de faim avec les prêts et bourses ne rend pas plus légitime la propagande canadienne et ne redonnent pas la vie aux militaire tués en mission et cela ne rend pas leur mort plus honorable.
Il semble donc qu’Amir soit le seul qui a lu autre chose que les journaux pour se faire une idée de ce qui se passe en Afghanistan. Beau score pour QS moi je trouve…
Mon cher Serge, les lectures peuvent être intéressantes, sur des sujets comme la guerre en Afghanistan, autant celles des journaux que les nombreuses autres sources d’information qui foisonnent, sur le web, principalement.
Il s’agit seulement de bien décortiquer la vérité, entre les lignes de textes. Les journaux ont peut-être leurs propres buts, qui ne se résume pas toujours à la simple information, je veux bien le croire, mais comment peut-on être certain que les autres sources n’ont pas, elles aussi, des buts autres que de donner une information objective? Au fait, qu’y a-t-il de mal à sortir du pétrole du Turkménistan? À partir du moment ou ce pétrole est transigé en bonne et due forme, entre un vendeur et un acheteur légitime, où est le problème?
Autre question; Amir Khadir ne se fie-t-il qu’à ses lectures, pour être au courant de ce qui se passe, en Afghanistan, ou est-il déjà allé sur place? Je pose la question, juste comme ça…
Quand je parle de la communauté scientifique, je parle des chercheurs et spécialistes qui se sont penchés sur la question. Le résultat de leurs recherches ne traine pas partout sur le web j’en convient. Mais si vous avez la chance de pouvoir vous connecter sur certaines bases de donné bibliographique, vous pourriez facilement tomber sur ces articles.
Ceci étant dit, il semble que vous m’aviez mal compris quand vous me parliez de journaux et etc. Les études scientifiques sont… scientifique et généralement empirique. Aucun rapport avec la divination et la lecture entre les lignes.
Afin de répondre au reste de votre commentaire, je vous invite à lire l’article que j’ai publié ici-même et qui parle de la guerre en Afghanistan. Vous comprendrez dès lors le problème et vous pourrez même vous renseigner aux diverses sources qui j’y ai cité.