Publié le 23 octobre, 2009 à 15:00 par Elie Presseault

Le prix d’une ambition nationale

drapeau_quebecIl n’y a pas de « mais » qui subsiste dans l’avenir d’une nation quand elle se donne les moyens d’une démarche nationale. Que soit comprise l’expression « moyens » comme étant définie autrement qu’en termes monétaires et de mesures dilatoires. La sagesse vient intervenir dans les débats quand nos actes et nos positions suivent une tangente historique. Jusqu’à preuve du contraire, le Québec est libre de son avenir.

Juger de ce qui est un accommodement raisonnable et ce qui ne l’est pas : le peuple québécois s’entend sur le principe de la laïcité comme fondateur de la Nation qui le sous-tend. Les dérives du multiculturalisme démontrent l’abîme du fossé des aspirations nationales en cours. D’Henri à Robert, la route de notre histoire collective fut jalonnée d’une conception sans cesse refondue des relations de notre rapport à la citoyenneté.

Passer du Canada français au Québec : cette révolution tranquille, dont les remous se frayent un passage jusqu’à nous, fut d’abord celle d’une certaine génération d’artistes et d’écrivains qui ont consacré le statut du français, le politique prenant le relais de ce qui avait frappé les consciences au lendemain de la mainmise perdue du clergé et de quelques morts au passage.

Constitution ou pas : le Canada a été conçu, de par ses traités, sans le consentement du Québec. Veto ou pas : le Québec doit d’abord traduire en paroles et actes ce qui fait le signe de son destin. Royauté ou non : nous devons d’abord nous rassembler, donner l’exemple de nos aspirations et les ratifier sous quelque forme de document, traité ou demandes consensuelles. Lire à cet effet certaines suggestions émises par Gilles Laporte.

Le père fondateur de l’ADQ, Jean Allaire, revient sur l’inactualité des pistes de solution qu’il propose quant à une nouvelle entente et des relations envisagées avec le Canada. Involontairement, les alternatives semblent réchauffées. Toute démarche nationale et patriotique dans l’âme nécessite une certaine adhésion, une capacité de communiquer la passion liée à la prise en main de la démarche, et convaincre de ce fait la masse critique des nationalistes québécois.

Par la même occasion, il ressort du gouvernement en titre, de ses représentants et de l’ensemble des institutions, une certaine impression de désuétude. Le fédéralisme inconditionnel que ce dernier gouvernement observe et pratique a peut-être amené certaines gens à prôner le réformisme sans oser heurter de front la constitutionnalité des traités à Ottawa, y compris la Constitution. Tant et aussi longtemps que l’habitus constaté persistera, nous ne risquons pas vraiment de voir du changement constructif, tant à Québec qu’à Ottawa.

Le Conseil de la fédération, les ententes administratives, la francophonie canadienne, la règle du « 7-50 » de toute modification constitutionnelle, et la plomberie rédigée en langage d’avocat, voici autant d’embûches sur lesquelles l’indifférence constitutionnelle est actuellement l’option de recours. Dire que le fruit n’est pas mûr, et appréhender une éventuelle crise ne convaincra pas les Québécois et les Canadiens tant et aussi longtemps que les démarches proactives ne seront pas à l’ordre du jour.

Il faut une certaine foi et démontrer un certain sens de la témérité pour prétendre que le pays du Canada est la meilleure option. Nous savons pertinemment les ravages causés par Option Canada, ce programme fédéral conçu en marge d’un certain scandale des commandites. Le love-in du 27 octobre 1995 à Montréal, les dépenses excédentaires en violation de la loi référendaire, et le verdict quasi nul observé lors de la consultation de 1995 placent tout Québécois dans la position de déterminer de son avenir en tenant compte d’une certaine trame historique.

Avant que John James se transmute en Jean-Jacques au-delà d’une certaine traduction littérale de cette dénomination, il serait utile de sonder le pouls de la Nation et de démontrer un certain sens exemplaire de l’écoute nationale québécoise. Sortir du dialogue de sourds actuel exige-ra une abnégation à toute épreuve. Depuis l’épisode du Lac Meech, la dilution doit maintenant laisser place à une concertation nationale plus étendue, lire ici au Québec. Personne ne pourra se considérer le sauveur, le champion d’une nation tant et aussi longtemps que la politique de la main tendue ne sera observée, à commencer par la population québécoise.

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Commentaires (12)

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  1. Sylvain Guillemette dit :

    «Quand à savoir si les québécois ne veulent pas de la souveraineté, je crois que deux réferendums ont prouvés que non.»

    Deux référendums volés, et dont les immigrants ne connaissaient pas les fondements historiques. Aurais-je le droit, moi, de participer à un référendum sur le retour de l’Appartheid en Afrique du sud vous croyez? Oh!, parlant d’Appartheid en Afrique du sud, vos États-Unis ont aussi appuyé cela, ainsi que le mise en prison de Mandela pendant 28 ans.

    «La seule chose qui m’empêche de voter oui, c’est la perpesctive de se retrouver dans un espèce de ghetto culturel refermé sur lui-même.»

    Je ne suis pas nationaliste Normand, alors je pourrais avoir les mêmes craintes que vous, mais je ne les ai pas, parce que je ferai sur qu’il faut pour que cela n’arrive pas. Je ferai ma part dans ce débat. Et les autres pays du monde, sont-ils tous des ghettos culturels? Est-ce un aboutissement certain d’après vous? Et qu’est-ce qui vous assure de cet aboutissement?

    «J’en revenait, on manque donc tant que ça de fierté? C’est ça le Québec que l’on veut se bâtir.»

    Non, mais accusez la dame si vous voulez. Vous n’êtes pas obligé de mettre tout le monde dans le même lot.

    «On chie sur l’Alberta, mais on prend la péréquation issue des sables bitumineux. Quelqu’un pourrait expliquer à Pauline Marois que la péréquation c’est du BS!!! Dire qu’elle trouvait interressant que 42 pourcent de québécois ne paient pas d’impôts…»

    Avec l’indépendance, fini ce tracas. Et fini l’appui aux sables bitumineux…

  2. Elie Presseault dit :

    Normand : Pour répondre à la thèse du référendum volé, il faut étayer des arguments convaincants qui réussiraient à nier les faits accablants.

    Nous parlons de plusieurs immigrants qui auraient été naturalisés canadiens d’une manière accélérée les mois précédant le référendum. Ajoutons à cela le rallye du love-in à Montréal du 27 octobre 1995. Nous avons autour des manifestations du camp de l’Option Canada un climat où la cupidité, les entorses aux règles et la désinformation systématique deviennent ce qu’on voudrait appeler démocratie.

    Le nombre d’immigrants naturalisés n’annulera en rien le référendum, son résultat de l’époque. Il est cependant possible d’en récuser la légitimité. Le Canada ne respecte pas les règles, il gagne certes à date, mais pour combien de temps encore? Consultez ce qui s’est écrit depuis, concernant le sujet.

    Concernant une crainte de repli de la part du Québec à la suite d’une éventuelle victoire dans sa démarche vers une indépendance plus élargie, c’est plutôt le chemin inverse qui serait emprunté, surtout dans le cas d’un résultat encore plus probant.

    Le renvoi sur la sécession, la Cour Suprême et toute la quincaillerie utilisée par le Fédéral (péréquation, partage des compétences, chevauchements provinciaux-fédéraux et reconnaissance de la nation québécoise bâclée) ne répondent en rien – ou que très partiellement – à la plupart des aspirations démocratiques revendiquées et soutenues par la majorité des gouvernements de Duplessis à Landry. Pour ce qui est de l’intermède actuel au pouvoir, rien ne nous prouve du bien fondé de sa démarche.

    Quant à ce qui est de vos griefs concernant le PQ et Pauline Marois, je peux comprendre certaines de vos préoccupations. En fait, depuis le départ de Lévesque et des derniers vestiges qui demeurent quant à la démarche référendaire préconisée par Claude Morin et consorts, nous n’en sortons plus de ce provincialisme accablant. Hubert Aquin, sans être un fin politique en soi selon une certaine opinion et pour citer un symbole des aspirations laissées en plan, n’en restait pas moins un rempart contre la sauce péquiste et les solutions avancées afin de nous faire accéder à cette forme de souveraineté-association.

    Le jour que nous comprendrons la nécessité de passer à autre chose dans l’ancrage de la démarche québécoise, le temps viendra pour modifier ce qui doit être modifié en profondeur. Pour ce faire, nous devons faire acte d’humilité et entreprendre cette nécessaire révolution dans nos aspirations indépendantistes.

    Ce n’est peut-être pas dans le sens où vous voulez en venir, mais tant et aussi longtemps qu’on répondra pas aux aspirations d’une plus grande part d’indépendance revendiquée, la question politique demeurera entière. Nous aurons beau repousser l’inévitable, la polémique et les moments historiques importants de notre peuple nous le rappelleront éventuellement.

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Elie Presseault
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