Publié le 27 mai, 2010 à 22:18 par Jimmy St-Gelais

Les banques prêtent de l’argent qu’elles ne possèdent pas

C’est une vérité peu connue.

Les banques prêtent de l’argent qu’elles ne possèdent pas.

L’histoire du système bancaire contemporain remonte au XVIIe siècle et le résultat actuel se résume en la fondation de la monnaie scripturale menant au gonflement de la masse monétaire par l’opération des banques lors des octrois de prêts à leurs clients.

En fait, le tout se joue par une double écriture au bilan de l’entreprise bancaire.

Ainsi, lorsqu’une banque prête de l’argent à un particulier ou à une entreprise privée ou publique, elle inscrit le montant de ce prêt autant dans son actif que dans son passif, même si elle ne détient pas dans ses livres la globalité de cette somme.

La seule obligation de sa part est de maintenir en liquidité une fraction du prêt déterminée par la banque centrale du pays dans lequel elle opère. C’est ce qu’on appelle la réserve obligatoire.

Ce taux de réserve obligatoire peut varier d’un pays à l’autre car les diverses banques centrales établissent les ratios de réserves obligatoires des banques commerciales selon des objectifs de politique économique propres à chaque nation. De la sorte, en haussant le pourcentage de cette réserve, un État met un frein au crédit ou, dans le cas contraire, le favorise.

Mais le problème de tout ce beau stratagème de l’ordre bancaire se situe à un niveau éthique.

Même si les banques comptabilisent les crédits octroyés dans leurs passifs et actifs, ce qui revient à une balance nulle, il faut noter qu’elles chargent tout de même des intérêts sur des capitaux prêtés qu’elles ne disposent pas en totalité.

C’est en cela que les banques volent tous leurs clients et bien que certains défenseurs avancent les bienfaits des effets multiplicateurs du crédit sur la viabilité économique, il n’en reste pas moins que les prérogatives concédées à la structure bancaire et financière méritent d’être questionné, surtout en rapport aux milliards de dollars qu’elle engrange à chaque année.

Ajout:  » La banque peut aussi créer simultanément la monnaie et la créance qui en constitue la contrepartie. En effet, elle peut, par exemple, accorder une avance de trésorerie ou une autorisation de découvert à un agent en contrepartie d’un simple engagement de rembourser pris par cet agent. Elle détient alors une créance sur l’argent, en échange de laquelle elle crédite son compte en banque. Lorsque le client rembourse sa dette à la banque, la monnaie créée par l’opération initiale est détruite” – Jacques Généreux, Introduction à l’économie, Page 85.

À lire: La fin de la logique comptable

Publié sur Homo Politicus

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Jimmy St-Gelais est le rédacteur en chef de Politicoblogue.



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Commentaires (14)

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  1. Philippe Dujardin dit :

    « C’est une vérité peu connue » Sans rire ? Y a encore des gens qui ne savent pas cela en 2010 ?

    Tu devrais aussi nous expliquer pourquoi ceci est encore pire quand c’est un pays qui fait tourner sa planche à billet sur des réserves qu’il ne possède pas.

  2. En économie, il est admit depuis longtemps que faire rouler la planche à billet s’avère un véritable suicide économique. En effet, en émettant plus de monnaie nationale dans le marché monétaire, on fait diminuer la valeur de cette monnaie, ce qui cause en conséquence une hyperinflation qui hypothèque grandement la santé économique d’un pays.

    • Samuel dit :

      C’est un suicide économique si la planche à billet roule sans raison valable.

      D’un autre côté, une augmentation de la production sans faire rouler la planche crée tout autant de problèmes.

      L’important c’est de garder une balance.

  3. Vincent dit :

    Et bien oui… malheureusement, les banques volent la richesse des citoyens quand au départ, elles n’ont rien pour « backer » à part peu-être ce que l’on peut appeler le « fractional reserve banking » bref, une fraction de ce dont vous empruntez. Cette fraction en question viens de la banque centrale de par emprunt ou bien des intérêts effectués sur l’argent de sa clientèle. Il y avait un temps ou l’argent était « backer » par quelque chose de tangible… l’or. Ce n’est maintenant plus le cas et cela depuis plusieurs années. Saviez-vous que cette fameuse réserve dont les banques commerciales doivent détenir n’est plus régis par la banque centrale depuis le début des années 90s. Autrement dit, une banque X peut détenir 10% en réserve et d’autres seulement 5%. Personnellement, je trouve complètement absurde la façon dont les devises sont gérées et c’est quelque choses dont le pouvoir devrait rapidement changer de main et ce à l’intérêt des citoyens et non de la minorité « élite ». Madoff est en prison pour une raison simple, et les banques ainsi que les gouvernements ont intérêt à rectifier leur façon de faire. Il est grand temps pour une réforme monétaire!

  4. Normand dit :

    que pensez-vous que vous faîtes en vousm achetant une maison, vous prenez possession d’une maison avec de l’argent que vous n’avez pas…

    • Philippe Dujardin dit :

      Rectification : on prend possession d’une maison avec de l’argent que la banque n’a pas.

      C’est justement au moment où la banque prête de l’argent qu’elle en fabrique de toute pièce.

      Si tu connais un moyen de prendre possession d’une maison avec de l’argent que tu n’as pas toi ? Entre la mise de fond, le bien hypothéqué, la garantie, etc… si les banques avaient le dixième des sécurités qu’on impose à un particulier, mais y en aurait plus de problème.

      Naïveté, quand tu nous tiens.

      • Samuel dit :

        C’est vrai en quelque sorte.

        Cependant, si la banque ne faisait pas ça, moi je n’aurais pas de maison et je n’aurais pas fini mes études.

        Une fois dans ma maison et avec un emploi de formation, je suis en mesure de créer beaucoup plus de richesses que dans la rue sans éducation. Au bout du compte, ça paye.

        Pour ce qui est des taux d’intérêts et de leur éthique, c’est pour pallier au risque que la banque prend car on l’a dit, ce n’est pas son argent. Prêter sans intérêts mettrait les banques dans une situation délicate et elles ne prêteraient pas autant… ça me donnerait toujours pas ma maison et mon diplôme.

        Je continue de dire qu’il faut une balance. Une réforme? Peut-être. Cependant, je ne vois pas un réel problème dans la création de richesse par les banques.

        Qu’on m’éclaircisse.

        • Vincent dit :

          Les fameux intérêts.. haha. Si tu saurais… Où est l’argent dans le système pour payer l’intérêt d’une dette publique grandissante et de même que les dettes personnels ? Cet argent n’existe pas, ils doivent en imprimer d’avantage. Plus d’argent dans le système chasse les même biens et services ce qui crée notre merveilleuse inflation. Cela forme aussi la compétition entre individus pour l’obtention de meilleurs travaux et paies

          En gros, c’est comme une grosse séance du fameux jeu qu’est la chaisse musicale. Personne n’est perdant tant que la musique ne cesse de jouer. Seulement, contrairement à ce que nous connaissons de ce jeu, dans la réalité des choses, un perdant à ce jeu doit déclaré faillite.

          Bon ok.. ca semble assez triste et banal, mais n’avait-il pas simplement à se forcer le cul pour avoir une meilleur job ? Oui et non, en faite le système monétaire actuelle est fait de façon à ce qu’il DOIT y avoir des perdants et croyez-moi, ce n’est pas ces banques qui au départ n’ont pas créés, mais complètement inventés cette forme de richesse à partir de rien. C’est bien ceux-ci par contre qui n’auraient pas pus survivre sans les « stimulus package » transformés en « bailout money » pour la chienne à Jaques de Wall Street, JP Morgan Chase, Goldman Sach et j’en passe qui eux à leur tour uses de cette argent pour sauver leur peau de leur « assets » toxique et s’offrir quelque bonus par-ci, par-là.

          En langage un peu plus civilisé, ce qu’il faut retenir de la façon de faire de l’argent dans le système actuel est que c’est un système pyramidale qui demande une expention infinit. Seul problème, cela ne coincide pas avec l’énergie et les ressources épuisable sur cette planète. Résultat, ça va finir par ch!3r quelque part… La crise que nous connaissons en est une preuve. Bref, le système explode mais réalité ils le font imploser en fesant payer ceux en bas de ce système pyramidale.

          Pour moi, la question de balance dans un système actuel ou une réforme… la réponse est claire.

          • Samuel dit :

            Ta métaphore semble nous faire croire qu’il doit y avoir des perdants pour que le système fonctionne. C’est faux. Quand une personne ou une entreprise déclare faillite, elle n’est pas la seule perdante. Tous ceux qui vivent de cette entreprise, les banques qui lui ont prêté de l’argent perdent aussi. Pour une banque, la faillite personnelle est la pire des solutions. Une banque a beaucoup plus à gagner lorsqu’une personne s’en sort et fini par payer ses dettes. La faillite ne fait pas parti du système, c’est une erreur dans celui-ci.

            Personne ne dit qu’une personne déclarant faillite aurait du se bouger le cul et se trouver une meilleure job! C’est absurde de croire ça. Les exemples de Goldman Sach et autres sont les résultats d’un système laissé à lui-même, ils ne font pas obligatoirement parti du système. Un système peut fonctionner sans ce genre d’injure. Quand quelqu’un déclare faillite, on peut bien sur blâmer la personne qui s’est endetté à se point. On doit surtout blâmer l’institution financière qui la laisse s’engouffrer dans cet État. Les banques n’auraient jamais du se lancer dans des prêts à haut risque comme elles l’ont faites. Cependant, de là à dire qu’elles ne devraient pas créer de la richesse pour autant, il y a limite.

            Nous créons tous de la richesse. Un peintre fait une peinture à partir d’une toile, de pinceaux et de peinture. Il la vend 500$, beaucoup plus que la somme de ses composantes. Personne ne va aller voir le peintre pour lui dire qu’il ne peut pas faire ça, qu’il a créé cette richesse de toute pièce.

            Pourquoi on le ferait pour les banques? Oui, ce système est basé sur une augmentation constante de la richesse et de la production. Le point le plus fort de ton texte, c’est lorsque tu mets ce système en lien avec les ressources épuisables de cette planète. Sur ce point je suis en accord avec toi. Cependant, il serait faux de croire que production se doit de rimer avec pollution et biens physiques et surconsommation.

            Je le répète, il faut une balance. A moins, bien sur, qu’on ait un autre système à proposer…

            • Vincent dit :

              Tu débas sur quelque chose que je n’ai jamais mentionné.

              Le fonctionnement du système monétaire ne dépend pas du fait qu’il y a des perdants. Tout simplement qu’il en aura toujours de la façon dont le système est conçu.

              Comme toi, je trouve absurde de dire que quelqu’un aurait dû se forcer plus pour s’en sortir et c’est n’est absolument pas ce que j’ai voulu faire croire dans ma lecture précédante.

              Je reprend ce que j’ai dis ou tenté de dire.

              Le système monétaire dépend de sa propre croissance infinie. C’est à dire, des ressources et de l’énergie en quantité illimité, une population grandissante à l’infini pour faire rouler cette machine sans fin. L’argent pour subvenir aux intérêts n’existe pas et doit être imprimé ce qui s’exprime en dévaluation infini de la valeur de celle-ci.

              Comment explique t’on le fait que de plus en plus de pays possèdent une dette plus grande que leur PIB. Dans certains cas, près d’un ratio de 6 pour 1 voir plus.

              Ou simplement reculer dans l’histoire, et pour ça, pas besoin d’aller bien loin. Faites une lecture sur l’histoire du système monétaire du Zimbabwe…

              Oui je suis en quelque sorte d’accord avec toi, que tous et chaqun créés de la richesse d’une certaine façon. Que ce soit un peintre qui vend une toile pour 500$ avec 30$ de matériaux ou l’étudiant qui offre s’est service de caissier au dépanneur du coin moyennant un salaire X pour une durée de travail Y.

              De même pour les banques… Elles offres un services et en revanche, doivent se payer d’une certaine façon.

              Seulement de savoir que les banques commercial peuvent créer et générer des profits exorbitants sur nos propres dépôts, conjointement avec la banque centrale qui dévalue à vive allure la valeur de notre monaie et qui prête de l’argent avec intérêts à notre gouvernement dont cette obligation se transforme en dette publique qui ne peux être repayé. Il se créé beaucoup plus d’argent (physique ou virtuel) que VRAI richesse il y a.

              Bref tant que ce système existera, on continuera de dépenser l’argent de notre progéniture de plus en plus lointaine.

              Je crois que nous sommes quelque sorte en accord sur le fait qu’il doit y avoir des changements… Moi personnellement je crois plus en une réforme, et pour toi, une balance… mais encore là, qu’elle est la définition de ceux-ci pour chaqun de nous ?

        • Philippe Dujardin dit :

          ce n’est pas son argent

          … mais ce n’est pas l’argent des banques non plus vu que cet argent n’existe tout simplement pas. Il est purement inventé par les banques. Et c’est là le problème, parce que quand tout va mal, les banques ferment et foutent tout le monde dans la merde !

          Ce qui s’est passé dernierement aux USA, la grosse crise qu’on a eu, et qui n’est pas fini, c’est exactement ce qui c’est passé. Des banques filant du pognon fictif à des acheteurs de maison sans valider leur capacité de rembourser.

          Quand ça marche, les banques engrangent, quand ça ne marche pas, elles ferment et font payer le contribuable !

          J’en vois un réel problème dans la création de richesse par les banques… c’est que justement elle ne créent rien, elle inventent ! C’est de l’esbroufe.

          • Samuel dit :

            Le problème que tu constates n’a rien à voir avec la création de richesses par les banques. C’est à cause du désir de certaines banques de créer autant de richesse en si peu de temps. Quand quelqun fait une blague de mauvais goût, on dit que cette blague était de mauvais goût. On ne remet pas l’humour en question.

            Aussi, il faut faire une bonne différentiation entres les banques américaines et les banques et caisses canadiennes. Les banques canadiennes se sont tirer du trouble beaucoup plus facilement parce qu’elles n’ont pas agit de la même façon, en grande parti parce que le système est mieux réguler chez nous. La seule banque à être encore en stagnation au Canada est la Banque Nationale, toutes les autres roulent plein voile. Mon père s’est fait plus de 60 000$ en investissant dans les banques canadiennes après leur chute en bourse.

            Je ne sais pas si tu sais, l’argent avec lequel tu paies ton épicerie, c’est du papier, ça ne vaut rien. C’est quoi la valeur de l’or? C’est juste un métal doré. La valeur qu’on accorde à ce bout de papier est due à une entente entre toi et l’épicier et le reste du monde sur la valeur de ce papier. Il n’y a rien de mal à créer d’autre papier, tant et aussi longtemps qu’on s’entend sur sa valeur.

            balance…

      • Normand dit :

        nenon, cette argent vous ne l’avez pas. On vous passe de l’argent, que certe les banques n’ont pas, sur une capacité d’emprunt et de remboursement. Point. Pour preuve, présentez vous à la banque sans job, vous n’aurez rien…

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