Publié le 15 avril, 2009 à 15:03 par Commission des jeunes - ADQ

L’UQÀM et la culture de la grève

 

Grève du SPUQ à l'UQAM © Francis Bourgouin (Flickr)

Grève du SPUQ à l'UQAM © Francis Bourgouin (Flickr)

La grève des professeurs de l’UQÀM entame aujourd’hui sa quatrième semaine. Depuis le 16 mars, les étudiants se sont vus empêcher l’accès à leurs salles de cours, à la bibliothèque et à d’autres services de l’université. Les confrontations entre les étudiants qui veulent accéder aux différents locaux de l’université et les différentes factions pro-grève prendraient souvent une tournure dramatique, comme le rapporte un étudiant contre la grève dans cette entrevue au 98,5 FM.

Ce qui me fascine le plus dans cette histoire, c’est à quel point elle laisse tout le monde indifférent à l’extérieur de ce campus situé au centre-ville de Montréal. Pourtant, les revendications des professeurs ne sont pas totalement dépourvues de sens; j’ajouterais même qu’elles sont tout à fait légitimes et qu’ils ont le droit de faire ces demandes. Cependant, ce qu’ils n’ont pas l’air de se rendre compte, c’est à quel point le moyen de pression qu’ils utilisent ruine leurs chances d’obtenir gain de cause.

Il y a tellement souvent de grèves à l’UQÀM que c’en est rendu banal. En fait, il y a probablement un plus grand étonnement dans la population lorsqu’il n’y a pas de grève à l’UQÀM. Certains étudiants, professeurs et chargés de cours sont tellement obnubilés à l’idée de faire des grèves que ces dernières font désormais partie de la culture de l’institution.

Récemment, deux jeunes adéquistes ont créé l’Alliance des Étudiantes et étudiants contre la Grève de l’UQÀM (AECG-UQÀM). Cette association compte aujourd’hui plus de 400 membres. Je ne peux que souligner le courage qu’ils démontrent dans toute cette aventure. J’ai vécu la grève de 2005 à l’UQÀM et je sais très bien à quoi ils font face : des gens endoctrinés par une sorte de sentiment généralisé qu’ils sont en train de changer la face du Québec parce qu’ils font une grève, dans lequel ils perçoivent systématiquement toutes les opinions adverses comme étant dangereuses et où tous les coups leurs sont permis.

Bref, je souhaite bonne chance à Raphaël Melançon et Benjamin Brodeur-Poupart pour la poursuite de cette entreprise. Peut-être que c’est grâce à des initiatives comme celle-là qu’un jour la communauté universitaire de l’UQÀM va se rendre compte que la culture de la grève à tout prix, ça cause plus de maux que de bénéfices.

 

L’auteur du texte (Guillaume S. Leduc) est directeur des communications pour la commission des jeunes de l’ADQ.
Ce texte publié à l’origine le 6 avril 2009 sur 
http://www.cdj-adq.com

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