Publié le 18 novembre, 2009 à 17:34 par Pierre-Luc Brisson
Monsieur
Belle-mère. Ce mot m’a toujours dérangé, m’a toujours fait tiquer lorsqu’il est employé par les analystes politiques, les journalistes, voire même certains militants, pour qualifier les anciens premiers ministres – spécialement – du Parti Québécois. Hier soir, Jacques Parizeau était l’invité de Guy A. Lepage sur le plateau de Tout le monde en parle pour souligner la sortie de son nouveau livre traitant de la souveraineté du Québec. Dès la première minute, et jusqu’à la fin de l’entrevue, quelques petites blagues ont été lancées, ici et là (peut-être candidement), du genre : « C’est bien la première fois qu’une belle-mère admet ne pas savoir quelque chose (référent à la situation de l’ADQ) », etc. Je crois qu’il est grand temps, chez les médias et chez les militants politiques, de reconnaître ce que sont ces anciens premiers ministres : des hommes d’État que nous ferions bien d’écouter plus attentivement lorsqu’ils s’expriment sur la place publique.
Le devoir de s’exprimer
Nous sommes frappés d’une étrange maladie du mutisme au Québec et même au Canada qui fait en sorte que l’on exige des anciens leaders politiques, sous couvert de cohésion et de respect du parti, un mutisme presque total sur les dossiers d’actualité. L’on apprécie de les voir publier quelques années après leur retraite leurs mémoires, on célèbre leur contribution, on aime à se faire photographier à leurs côtés ou se faire dédicacer leur pavée, mais cependant: silence sur les vrais enjeux ! Pourquoi cela ? Il n’est pas rare de voir, en France notamment, d’anciens ministres, d’anciens premiers ministres écrire, s’exprimer publiquement pour marquer leur désaccord avec des politiques gouvernementales, ou commenter certaines réalités sociales et politiques sans que cela ne surprenne qui que ce soit. Cela vient enrichir le débat, proposer de nouvelles perspectives au lieu de le laisser péricliter. Lorsque l’on a marqué la vie publique et la scène politique du Québec pendant plus de 30 ans comme l’ont fait les Bernard Landry, les Jacques Parizeau ou les Lucien Bouchard (ou encore n’importe quel ministre des précédents gouvernements du PLQ ou du PQ), le prétendu « devoir » de réserve à mon sens ne tient pas la route. Au contraire, ces hommes ont avant tout un devoir de parole, un devoir de s’exprimer. Et heureusement, au grand déplaisir de certains, ces anciens leaders ne s’en privent pas ! Bernard Landry tient hebdomadairement une chronique dans le magazine La semaine, Lucien Bouchard s’est déjà exprimé par le biais du manifeste des « lucides » et Jacques Parizeau n’hésite jamais à commenter l’actualité économique ou politique du Québec comme en témoigne son dernier livre. Ces anciens politiciens ont contribué, depuis l’époque de Jean Lesage pour plusieurs, à façonner le Québec moderne et ont été de toutes les réformes majeures qu’a connu notre État. Que l’on pense à la création de la Caisse de dépôt, à l’adoption de la Charte de la langue française, aux rondes de négociations constitutionnelles, aux référendums sur l’indépendance, à l’accord de libre-échange, ils ont été de tous les combats. Leur expertise, leur savoir, leur opinion ne peuvent être que bienvenues lorsque l’on considère que les Mario Dumont, les Richard Martineau, les Nathalie Elgrably ou les Stéphane Gendron et Jeff Fillion de ce monde prennent bien souvent le haut du pavé.
Si les coups de gueule de ces hommes politiques peuvent parfois remettre sur les rails des partis qui s’égarent, secouer l’opinion publique ou sortir de leur confort des militants qui croient à la vérité infuse sur laquelle ils se reposent, alors bienvenue messieurs ! Vivement leurs éditoriaux, leurs prises de position et leurs essais ! Pour moi, que l’on soit souverainiste ou non, jamais je n’oserai utiliser ce mot à la limite du mauvais goût, voir du mépris, qu’est le mot « belle-mère » pour qualifier des hommes qui ont fait plus en quelques années pour le Québec que tous les scribouilleurs de journaux ou les prétendus leaders d’opinion n’en feront jamais dans toute leur vie. Jacques Parizeau, à 80 ans, avec la force et la lucidité qui sont encore siennes, continue l’engagement politique qui a marqué sa vie et pour cela, il ne mérite qu’un seul titre : Monsieur.
pierrelucbrisson.wordpress.com
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Mots clés: action démocratique du québec • ADQ • belle-mère • Canada • chefs d'État • Guy A. Lepage • Indépendance du Québec • Jacques Parizeau • leaders politique • livre • Parizeau • parti libéral du québec • Parti Québécois • place publique • PLQ • PQ • Québec • Souveraineté • Tout le monde en parle
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@Sylvain Guillemette –
Je suis d’accord en grande partie sur çe que tu dis, sauf un point :
Si privé peut s’accorder avec capitalisme et libéralisme économique, je suis légèrement en désacord avec ce point. À partir de la Révolution industrielle, l’espérance de vie des êtres humain a plus que triplé comparativement à l’amélioration des 30 000 ans précédentes.
Bien sûr qu’on ne parle pas de l’exploitation de l’homme par l’homme, mais comment cette révolution a changé complètement la vie des gens en est la raison principale. Et, pour être honnête, il faut bien dire que c’est la Révolution des bourgeois, n’est-ce pas?
De plus comment expliquer, qu’il y a 15 ans, les chinois étaient pratiquement absent de la production des brevets et que maintenant 9 pourcent des brevets mondiaux viennent de Chine, si ce n’est que par la libéralisation et l’ouverture au capitalisme?
Mais je tiens à rappeller, que j’ai passé 6 heures à l’hopital pour 15 points de sutures, est-ce normal?
@ M. Gagnon
«Si privé peut s’accorder avec capitalisme et libéralisme économique, je suis légèrement en désacord avec ce point. À partir de la Révolution industrielle, l’espérance de vie des êtres humain a plus que triplé comparativement à l’amélioration des 30 000 ans précédentes.
Bien sûr qu’on ne parle pas de l’exploitation de l’homme par l’homme, mais comment cette révolution a changé complètement la vie des gens en est la raison principale.»
Oui, l’ère industrielle, la production de masse a tout changé. Mais a-t-elle vraiment à voir avec le capitalisme, et la révolution bourgeoise, ou n’est-elle pas plutôt le fruit du génie humain, mis en commun? Bref, l’existence de l’exploitation des êtres humains n’a rien à voir là-dedans, tout a à voir avec les découvertes, et les conditionnements optimales pour ce.
Ensuite, pour votre autre question, certes, c’est la révolution industrielle, et bourgeoise d’une certaine façon, mais nous partons de loin, et juste avant, le système n’a rien à voir avec celui-ci, ainsi de suite. Est-ce que je pleure l’âge de pierre? Ben non, mais je sais également que le système capitaliste est voué à l’échec. Et qu’il laissera place à l’évolution, soit le socialisme, puis possiblement le communisme. Cela prendra fin, de toute façon, un jour ou l’autre, mais je ne m’avancerai pas sur une date… Tôt ou tard, une chose est certaine, le message passera.
«De plus comment expliquer, qu’il y a 15 ans, les chinois étaient pratiquement absent de la production des brevets et que maintenant 9 pourcent des brevets mondiaux viennent de Chine, si ce n’est que par la libéralisation et l’ouverture au capitalisme?»
Eh bien Normand, les russes sont quand même allés dans l’espace avant les états-uniens! Ouf!
Mon explication est rationnelle. La vôtre ne l’est pas. Le génie humain, mis en commun, et non dicté par une superpuissance tout en haut d’une pyramide, n’a pas d’égal. Et contrairement à vos propos idéalistes, je ne crois pas que ce soit parce qu’il y avait existence d’exploitation du labeur d’autrui. Cela me semble aussi pertinent bref, que d’expliquer notre existence par dieu, ne sachant pas trop quoi répondre…
Laissez tomber Normand, vos capacités intellectuelles ne semblent pas pouvoir tenir le coup.
« Mais je tiens à rappeller, que j’ai passé 6 heures à l’hopital pour 15 points de sutures, est-ce normal? »
J’ai déjà répondu, et c’était non. Ensuite, si nous avions ces 7000 infirmières du privé dans notre réseau public, vous seriez passé avant. C’est parfaitement logique. Allez donc jouer dans le trafic maintenant que ces points sont faits…
@Sylvain Guillemette –
Je ne veux pas dire que vous n’avez pas raison. En fait, je crois que vous avez raison avec ce que vous dîtes ici. C’est cependant seulement une partie de l’histoire. Ce n’est pas l’inverse ou l’autre côté de la médaille comme on dit communément, mais une partie, comme le rapport d’un pied à l’ensemble de l’être humain auquel il se rattache.
C’est le capitalisme qui a été le moteur du machinisme. Tiens, pour une fois que ce n’est pas une crise majeur qui en tient le rôle pour une fois. Évidement, le capitalisme lui-même a générer de graves crises dans les villes dans le même temps, mais ce n’est pas que ça, le capitalisme.
J’ai l’impression que, quand vous dîtes que l’ère industrielle est la mise en commun de l’espèce humaine grâce à son génie, vous voulez dire du communisme. C’est seulement une impression, vous ne le disiez pas clairement. Je sais seulement que ce changement était commandé par les patrons afin de satisfaire leur recherche de plus-value et non par le reste de la société qui a suivi bon gré mal gré. L’effet arrive après la cause et non l’inverse; c’est le capitalisme déjà présent ou en bonne voie de s’imposer mondialement que Marx a étudier avant d’écrire « Le Capital ».
L’exploitation de l’homme par l’homme était déjà présente de tout temps avant l’arrivée du capitalisme. Je ne suis pas sûr qu’on tire sur la bonne cible quand on s’en prend au capitalisme. Probablement qu’on se tire, comme j’ai fait référence au début de mon commentaire, dans le pied plutôt que dans le coeur. J’ai toujours été exploité : j’ai commencé à travailler à 3$ l’heure tandis que les autres avaient plus et je travaillais pour cinq personnes et j’ai fait ça pendant la plus grande partie de ma vie. Malgré tout, j’arrive quand même à voir des avantages certains au système capitalisme. Évidement, rien n’est parfait.
Là je sors vraiment de mon domaine d’étude, mais je me demande s’il ne faudrait pas regarder ailleurs que dans le capitalisme, comme par exemple la peur d’avoir peur d’en manquer chez certain et qui les pousserait à accumuler plus qu’il n’en faut pour vivre, privant ainsi les autres autours d’eux.
En fait, je ne le sais pas vraiment quelle est la bonne cible.
@Serge Gagnon –
Bon ben alors pourquoi est-ce qu’on s’en prend au capitalisme?
Si le monde est exploité depuis que le monde est monde, pourquoi n’a-t-il pas réagi avant puisque vous dîtes que ça pourrait être une cible potentiel?
Tout le monde chiale contre Charest et, par le fait même, des libéraux. Moi j’ai toujours voté libéral, mais il faut dire que dans le temps, ils étaient plus pour les programmes sociaux. C’est Charest ou pas le problème et/ou en fait-il partie ou non?
1- Es-tu sur que tout le monde chiale sur les liberaux à cause de leur politique economique et sociale ?
2- Charest n,est pas un liberal. Il est fan de thatcher
et reagan ! On est loin des liberaux que tu decris !
Le probleme c’est rendu les liberaux ET Charest. Ils ne defendent plus les interets du Quebec et ca se reflete dans leurs politiques avantageant leurs petits amis de power et autres mega-corporations. Ils vendent le Quebec à des interets etrangers, ca depasse la simple idee que l’on se fait des PPP ou de leur copinage et collusions ! Il en va de meme ailleurs avec des types comme sarko ou berlu. On n’est pas les seuls.
Louis qui trouve qu’en votant pour l’un puis pour l’autre rien ne change… bien sur que rien ne change, on est encore dans le canada !
@ M. Gagnon
Certes, le système capitaliste est un fait évident dans l’industrialisation, mais vous savez que, c’était parce qu’il y avait grand besoin de capital, dans un système où le capital était nécessaire. Ce que je veux dire , c’est que, on avait besoin de moyens pour bâtir ne serait-ce que la plus petite usine du quartier. Qui possédait les richesses?
Mais certes, le capitalisme est un passage obligé, une réalité de toute façon aujourd’hui, et oui, c’est en l’étudiant que Marx écrit son «Capital». Il ne voit d’ailleurs pas cela d’un mauvais oeil, car cela pave la voie au socialisme. Les moyens de production, par exemple aux États-Unis, permettent ais.ment, aujourd’hui, de palier aux manques de son prolétariat.
@ Martin Lajoie
Je crois que si, je crois qu’aujourd’hui, dans notre ère, c’est le capitalisme notre problème. Nous avons cessé de regarder quels en étaient les buts de ce système, et ainsi, avons cessé d’observer les sources de nos maux.
@ Dujardin
Tatcher et Reagan, ce sont des caricatures, certes, mais elles me semblent, justement, caricatures de ces impérialistes que décrivait Lénine dans son ouvrage «Impérialisme, stade suprême du capitalisme». Reagan a mis à feu et à sang les tentatives socialistes en Amérique latine, et ailleurs.