Publié le 2 février, 2010 à 05:27 par Michel Laurence

Non ! L’indépendance n’est pas inéluctable !

Drapeau du Québec

L’indépendance n’est pas inéluctable, seule la mort l’est. L’affirmer équivaut à se bercer d’illusions et c’est exactement ce qu’on fait depuis 15 ans.

15 ans de perdus.

En 1980, 1 485 851 Québécois (40,44 %) ont dit « OUI ».

En 1995, 2 308 360 Québécois (49,42 %) ont dit « OUI ».

15 ans se sont écoulés depuis le dernier référendum.

15 ans qui auraient pu être consacrés non plus à convaincre, mais à séduire les indécis, conforter nos appuis, planifier et organiser la création de notre pays.

Nous avons plutôt vécu 15 ans consacrés à convaincre, planifier et organiser la prise du pouvoir par le PQ, avec les résultats que l’on sait et pour faire quoi ?

15 ans de perdus.

15 ans à laisser les indécis baigner dans leur indécision.

Le PQ ne réussit pas à faire le plein d’appuis malgré la piètre performance des libéraux, leur hypocrisie, leurs mensonges et leurs nombreuses tentatives d’étouffer plusieurs scandales majeurs : la Caisse de dépôt, Norbourg et le milieu de la construction.

Le caucus du PQ est terminé.

Qu’en est-il ? Rien. Rien, sinon trois photos de Pauline dans le site officiel du PQ.

15 ans de perdus.

Combien d’années pouvons-nous encore perdre ?

Poser la question c’est y répondre.

Que faire ?

L’an dernier, j’ai réuni toutes les conditions pour que, tel un phœnix, le R.I.N. renaisse de ses cendres par devoir de mémoire d’abord puis comme une tentative de regrouper nos forces vives afin de séduire le  peuple du Québec. « Un R.I.N., mouvement citoyen rassembleur, qui ne se transformera pas en parti politique et qui sera assez fort pour pousser à l’action tout parti politique au pouvoir lorsqu’une opportunité se présentera. »

Je me suis heurté à des fonctionnaires de l’indépendance et des carriéristes politiques dont le peuple n’a que faire.

J’ai, depuis plusieurs mois, rangé ce projet sous le boisseau. Je voulais voir si quelque chose allait se passer.

Rien.

Tout a continué comme avant : débats, discussions, commentaires, mais pas d’action.

Il y a bien eu des « Marches pour l’indépendance » auxquelles j’ai participé parce que je trouvais l’idée très intéressante et que j’espérais, comme eux, que le mouvement ferait boule de neige.

Malheureusement, ce qui nous manquait nous manque toujours.

Il y a eu plusieurs textes sur Vigile promouvant l’unification des forces indépendantistes. Ce serait certes souhaitable. Mais on a aussitôt eu droit à plusieurs analyses, opinions et commentaires sur le pourquoi, le comment, les « peut-être », le nom, etc.

Tout cela ne sert qu’à nous divertir. On s’agite beaucoup, mais on n’agit pas.

Non, l’essentiel c’est la mobilisation des Québécois, car seule une pression populaire ferme, puissante et pérenne pourra faire bouger les choses.

Personne ne me fera croire que les 2 308 360 Québécois qui ont voté « oui » en 1995 ne pourraient pas en séduire 100 000 autres à l’idée d’avoir notre pays.

Pour faire image, depuis 15 ans, nous sommes assis au volant d’une voiture dont le moteur tourne et, parfois même, s’emballe quand, pour nous rassurer, on appuie sur l’accélérateur. Le seul problème est que le moteur tourne à vide, personne n’ose appuyer sur le frein pour enfin passer en première.

Quand on en est rendu à se demander s’il faut se réunir autour du projet de pays ou autour d’un pays de projets, il me semble évident que quelque chose ne va pas au royaume du Québec.

Il ne faut plus perdre de temps à convaincre, il faut séduire; finies les querelles intestines, finis les débats inutiles qui font saliver les fédéralistes, finie la division.

Le PQ doit éradiquer l’électoralisme de son vocabulaire, de son programme et de sa pensée politique.

Soyons solidaires, soyons déterminés, soyons imaginatifs !

Je crois toujours que la renaissance du R.I.N., mouvement populaire rassembleur, sera l’étincelle qui déclenchera le feu d’artifice de notre libération.

À peine 30 personnes ont créé le R.I.N. en 1960. C’est environ le nombre de patriotes qui m’ont écrit l’an dernier.

J’ai publié mon Manifeste pour un Québec fier en février 2009.

Je suis prêt à appuyer sur les freins pour enfin pouvoir passer en première.

Et vous ? (Écrivez-moi à michel.laurence@gmail.com)

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Commentaires (13)

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  1. Darwin dit :

    Soyons solidaires

    Quelle bonne idée !

  2. Cher Michel,
    Permet moi d’apporter un correctif.
    Ce n’est pas 15 ans perdus, mais plutôt depuis la conquête ! « Il me semble évident que quelque chose ne va pas au royaume du Québec. »
    Ça fait longtemps que rien ne va plus au Québec !
    La route est longue pour atteindre notre objectif, cette route en est une d’obstacle et d’embûche à éliminer.
    « Je me suis heurté à des fonctionnaires de l’indépendance et des carriéristes politiques dont le peuple n’a que faire. »
    Et ça il y en a à la tonne de ces artisans gourous, de pédagogues ou professeurs qui ne se rendent même pas compte qu’ils sont le principal obstacle à notre épanouissement. Pis encore, le Québécois non plus !
    Michel je comprends ce que tu ressens !
    « J’ai, depuis plusieurs mois, rangé ce projet sous le boisseau. Je voulais voir si quelque chose allait se passer. »
    Rien.
    Le Québécois d’aujourd’hui s’enfargent dans les fleurs du tapis et n’arrivent plus à reconnaître ses propres racines, ils à perdus ses repères.
    Notre situation est urgente et pourtant chacun y va de ses commentaires inappropriés et personne ne s’entend sur les moyens à prendre pour réussir. C’est comme une tour de Babel du 21 è siècle!

  3. Correction : et par-dessus tout, le peu d’élites que avons eus nous ont abandonné

  4. Correction 2

    Correction : et par-dessus tout, le peu d’élites que nous avons eus, nous ont abandonné,

  5. Philippe Dujardin dit :

    Bah, comme tout mouvement y a des hauts et des bas. Là on est dans le creux de la vague et cela va avec ceux qui dechirent leur chemise parce qu’on n’est pas assez pur-et-dur, avec ceux qui disent que tout est fini, ceux qui disent que cela ne marchera plusm ceux qui nous disent que pour faire un pays ça prend un leader et/ou un plan, et/ou un projet, etc… et que nous apprend l’histoire ? et bien que dans quelques années, peut-etre le lendemain des elections de 2012, cela repartira de plus belle. Tout seul, sans que rien de bien particulier arrive, simplement par gout du changement, c’est humain. On va se redonner confiance, repousser ces peurs irrationnelles, essayer une nouvelle voie, celle qu’on n’a encore jamais essayé, l’independance du Quebec, la seule qui est legitime et naturelle pour un peuple devenu mature socialement et economiquement.

    Les gens n’ont pas encore pardonné au mouvement pequiste ses annees de sommeil suite au vol de 1995. Apres Charest est arrivé avec son statu quo rassurant, pas de vague, pas de turbulence, la crise a rajouté une crise d’incertitude, d’autres ont voulu laisser la chance au coureur en ecoutant les belles niaiseries de Harper sur la nation quebecoise et notre epanouissement dans le canada.

    Tout à une fin. La vague remontre tranquillement, on le voit quand on milite sur le terrain, pendant les reunions et si on arretait de se fier à La Presse ou à QS, meme dans le discours des elus du PQ. Tranquillement. Les gens commencent à en avoir marre. Un jour ils comprendront que la fin de la chicane arrivera quand tout le monde se respectera, quand le Quebecois se respecteront pour ce qu’ils sont, quand le canada respectera le Quebec pour ce qu’il est : une nation distincte egale à la nation canadienne … pas mieux, pas pire et qu’il arretera de nous infantiliser, nous diminuer, nous etouffer, nous cacher aux autres nations libres de ce monde !

    On ne vaut pas moins que les autres et on est quelque chose comme un grand peuple. On s’en fout du parti ou du chef qui nous conduira là, le lendemain on revote pour choisir qui nous gouvernera dans ce nouveau pays ! Et à mon avis, cela ne sera pas le PQ, ni Marois ! L’outil aura enfin eu son utilité premiere, on pourra le jeter et passer à autre chose. Fini les deux solitudes, fini les deux classes de citoyens, fini la chicane puerile eternelle et couteuse, fini de perdre notre temps à se regarder le nombril et rejeter la faute de nos problemes sur les autres, on devra s’assumer, etre responsable de nos choix et nos actes en tant qu’individu et peuple.

    • M.Dujardin je vous trouve sage quand vous dite « Fini de perdre notre temps à se regarder le nombril et rejeter la faute de nos problèmes sur les autres, on devra s’assumer, être responsable de nos choix et nos actes en tant qu’individu et peuple. »
      Le débat est engagé et personne n’acceptera la moindre connerie du gouvernement en place et l’insouciance du PQ en ce qui concerne notre avenir.
      Nous ne perdons rien à attendre le moment propice à un revirement de situation et cet événement ne saurait tarder! L’hirondelle fait le printemps.

    • Serge Gagnon dit :

      Les gens n’ont pas encore pardonné au mouvement pequiste ses annees de sommeil suite au vol de 1995.

      Moi non en tout cas et j’ai encore de la mémoire !

      Tout à une fin.

      Eh bien voila ! En ce qui me concerne, comme je dis à mes enfants, il y a des conséquences que même les adultes devraient comprendre. Comme vous le dîtes plus loin :

      Les gens commencent à en avoir marre.

      Eh bien ça, ça en est une conséquence du niaisage du PQ !

      Si mes enfants comprennent ce principe, je pense bien que les adultes au PQ le comprennent eux aussi, non ? Partant de ce raisonnement, s’ils comprennent bien ce que l’on veut et qu’ils ne s’organisent pas plus que ça pour nous le donner, eh bien il n’y a qu’à aller voir ailleurs !

      Je ne suis pas entièrement pour la plateforme du QS, mais au moins eux ils ont plus que de simples prétentions souverainistes.

  6. Normand dit :

    Se pourrait-il simplement que les québécois, avec l’ouverture sur le monde qu’offre les nouvelles technologies? Du fait que plus le temps avance, le monde devient un village globale où ce n’est plus le gars de windsor ton concurent, mais le gars de shangaî. Peut-être que les québécois aime mieux le confort de ce que l,on connaît plutôt de l’inconnu dont semble vouloir nous plonger les indépendantistes. Mais ce qui me fait sourire, c’est l’attitude du « Ceux qui ont voté non, non pas encore compris, on va leur expliquer ». Ce n’est pas avec cette attitude hautaine que ça va percé…

    • Sylvain Guillemette dit :

      Se pourrait-il que le monde entier soit rendu à un point où, il ne devrait plus se faire compétition outre mers et océans, mais où il devrait coopérer sur la totalité de la surface de la planète? Est-ce moi, ou y a -t-il totalitarisme ici, ne tenant pas compte du fait que, le capitalisme n’est pas la seule possibilité économique?

      Il y a des alternatives Normand, dont le socialisme. Il propose une vision différente de la vôtre, où le gars de Shangaï, est autant mon camarade que celui de Windsor.

      Pourquoi voir tout le monde comme un ennemi potentiel? Simplement parce que le régime capitaliste domine et que c’est cette pensée qu’il propage à travers le monde.

      Je ne suis votre adversaire, que dans l’idéologie. En tant que prolétaire, je suis votre frère. C’est votre égoïsme, issu de votre opportunisme crasse, qui vous amène à nous voir toutes et tous, comme votre potentiel concurrent.

      C’est donc ce que je disais, le débat est totalitaire.

  7. Normand

    Malgré tout ce que vous affirmez, je vous rappelle qu’il y a à peine quelques années l’Unesco et plus de 100 pays ont créé l’exception culturelle, reconnaissant ainsi à la culture un statut spécial pour assurer la diversité des expressions culturelles.

    Il y a aussi Denys Arcand « Le confort et l’indifférence »; mais pas dans le même sens dans lequel vous l’utilisez.

    Dans mon texte, je ne parle pas de convaincre, mais bien de « séduire » et ce n’est pas la première fois.

    D’ailleurs, nous n’avons plus de temps à perdre à convaincre, il nous faut maintenant avancer.

  8. Sylvain Guillemette dit :

    Pour moi, les frontières importent peu. Je suis pourtant indépendantiste. Mais les frontières qui sépareraient le Québec du Canada, amèneraient-ils une abolition du salariat?

    C’est ce que je pensais…

    Sauf si, si le Québec se dote d’une telle constitution. Mais ce n’est pas demain la veille, que les québécois auront la chance de voter pour un tel projet. Encore faudrait-il que nous soyons permis de proposer un tel projet. J’imagine tout de suite, les embargos, les sanctions économiques, et pourquoi pas un chantage, et puis, un renversement de régime?

    C’est ce que font ailleurs, les puissances bourgeoises, d’où qu’elles soient, mais surtout, celles des États-Unis d’Amérique.

  9. Sylvain Guillemette dit :

    Un Québec indépendant, ne pourrait être libre, que s’il adoptait le capitalisme, de force, ou de gré. Mais si un Québec indépendant osait proposer une alternative socialiste, cela ne prendrait qu’une fraction de seconde pour que les forces impérialistes ne s’y heurtent.

    D’abord, il y aurait chantage, sabotage économique, espionnage, manoeuvres médiatiques, puis Coup d’État armé s’il le fallait.

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Michel Laurence
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J'ai un parti pris pour mon pays, le Québec, et pour ma langue, le français.