Publié le 13 novembre, 2009 à 06:00 par Jimmy St-Gelais

Pour une démocratie plus participative

art081201121922La démocratie au Québec est en crise. Le taux de participation à tous les niveaux du gouvernement est en baisse dans la foulée de tous les scandales qui ont accablé le monde politique.

La dégradation du sentiment démocratique appelle à une revalorisation du devoir citoyen par un recentrage de l’électeur dans la prise de décision politique.

Au-delà de la volonté de revoir les règles entourant le financement des partis politiques, il y a une constatation de plus en plus évidente : la démocratie représentative vient de démontrer ses limites et a peut-être atteint son stade de non-viabilité. Ou, dû moins, elle devrait être agrémentée d’une participation citoyenne plus directe afin de rétablir la crédibilité du processus démocratique.

La récente proposition du Directeur général des élections, Marcel Blanchet, va en ce sens. La formation éventuelle d’un jury citoyen délibérant sur le dossier du financement politique est un pas vers une réappropriation, même partielle, des centres décisionnels par les citoyens après une dérive concentrant le pouvoir dans les mains de professionnels de la politique, de technocrates et de lobbys d’affaires infiltrés dans toutes les sphères de l’autorité publique.

Les partis politiques officiels, PQ, PLQ et ADQ, ont pourtant rejeté l’idée du DGE car l’établissement d’un tel exercice participatif rapprochant les électeurs des leviers politiques édulcorerait leur influence déterminante sur la chose politique.

Le temps est désormais venu de retourner le pouvoir dans les mains de ceux à qu’il appartient de droit et pour ce faire nous pouvons nous inspirer de plusieurs exemples de part le monde de démocratie participative (comme dans les cantons suisses par exemple).

Il est plus que jamais nécessaire de cesser d’apprécier l’électeur comme un enfant dont l’élu serait le parent et de l’impliquer enfin dans la gérance politique à l’aide de jurys citoyens, de budgets participatifs, de sondages délibératifs ou de référendums car la démocratie québécoise vient de dépasser son stade infantile et demande d’atteindre sa maturité.

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Commentaires (9)

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  1. Sylvain Guillemette dit :

    L’ADQ a pourtant déjà prôné cette voie, quand ça l’arrangeait!

  2. Richard3 dit :

    D’accord avec vous sur le fond, monsieur Saint-Gelais, à savoir qu’il faut rapprocher la politique et le citoyen.

    Par contre, je crois que l’effort ne doit pas se faire que du côté du DGEQ; si les partis politiques veulent être plus crédibles, ils doivent se faire plus attirants, pour le citoyen moyen. Comment faire? En simplifiant les programmes, et en les expliquant de façon à ce que le citoyen comprenne, qu’il soit à même de juger, voire même qu’il désire en être partie prenante.

    L’émission Point de mire, animée par Revé Lévesque, à la fin des années 1950, parvenait à décortiquer les nouvelles politiques, en les expliquant aux citoyens, et ce dans des mots qu’ils peuvent comprendre. Le dernier exemple d’un journaliste qui savait prendre les situations les plus complexes, et les rendre de façon à ce que tout le monde les saisissent bien, fut René Mailhot, de Radio-Canada, qui nous malheureusement quitté il y a deux ans et demi. Il était plutôt spécialisé à l’internationale, mais il nous faudrait des gens comme lui, au niveau provincial, et fédéral.

    Aujourd’hui, et ce même si le niveau de scolarité du citoyen moyen a sensiblement évolué, je crois que le discours politique en provenance des partis est surtout réservés aux seuls initiés, et la population s’y perd. Devant cela, il ne faut pas un gros scandale pour que l’opinion publique en vienne à dire que les politiciens sont tous pareils, ce qui amène les citoyens à rester chez-eux, lors d’élections.

    Le « jury citoyen » de monsieur Blanchet est une bonne idée, mais il faudra définitivement des efforts des partis politiques eux-mêmes. Après tout, ce sont ceux-ci qui tentent de « vendre leur salade » aux électeurs, et à voir le taux de participation aux derniers scrutins, tout porte à croire que les politiciens sont devenus de piètres vendeurs.

  3. Sylvain Guillemette dit :

    Rare que je dis ça, mais je suis en accord avec Richard3…

  4. Richard3 dit :

    Eh ben, je vais marquer la date sur le calendrier! ;)

  5. J’ajouterais sur mon calendrier la taille du message de Sylvain Guillemette qui ne fait qu’une seule ligne…

    :-D

  6. Lesss dit :

    À cette belle unanimité, et au risque de la briser, j’ajouterais qu’une réforme du mode de scrutin qui incluerait une proportionnelle, serait un autre moyen de redorer le blason de la politique. Et è ce sujet, Amir Khadir a proposé cette semaine une motion en ce sens à l’Assemblée nationale. Est-ce que les autres partis agiront différemment cette fois-ci? Rien n’est moins certain…

  7. Richard3 dit :

    Et pourquoi pas deux chambres, au Québec?

    L’Assemblée nationale, telle que nous la connaissons, à laquelle on ajoute une chambre haute (appelons-la ainsi, pour l’instant) de 50 sièges, élus lors du même scrutin, avec le même vote, mais à la proportionnelle nationale, les partis obtenant un siège à chaque 2% du vote national. Afin qu’un projet de loi passe, il faudra qu’il soit adopté par les deux chambres.

    Ceci tout en insistant sur le fait que les partis doivent plus clairs, envers les électeurs.

  8. Richard3 dit :

    …doivent être plus clairs, envers les électeurs.

    Genre.

  9. [...] St-Gelais propose sur Politicoblogue un texte lumineux nommé : « Pour une démocratie plus participative ». Et je ne peux pas m’empêcher de faire un lien avec une nouvelle que j’ai pêchée [...]

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Jimmy St-Gelais
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Jimmy St-Gelais est le rédacteur en chef de Politicoblogue.