Publié le 23 avril, 2009 à 05:09 par Commission des jeunes - ADQ
Quand la réalité rattrape l’UQÀM
J’aimerais d’entrée de jeu souligner les propos du député de Chauveau, Gérard Deltell, critique de l’ADQ en matière d’éducation, qui aujourd’hui s’est tenu debout devant les centaines de grèvistes de l’UQÀM en face de l’Assemblée nationale. Sous les huées et les hostilités de la foule, M. Deltell a défendu la vision de l’ADQ selon laquelle les demandes des professeurs sont déraisonnables en situation économique difficile.
À la suite de cette confrontation, M. Deltell a remis à leur place tour à tour les libéraux Norm MacMillan et Michèle Courchesne, qui ont critiqué son intervention alors qu’eux-même n’ont pas eu le courage de sortir dehors confronter les manifestants!
Bravo, M. Deltell, même face à un public hostile, vous avez su défendre avec vigueur les convictions adéquistes ainsi que celles de la majorité de la population, ce qui est tout à votre honneur.
Les jeunes péquistes et le copinage
Pauline Marois et Amir Khadir ont aujourd’hui, tout comme la présidente des jeunes péquistes Isabelle Fontaine, décidé d’appuyer la grève des professeurs de l’UQÀM qui n’en finit plus de s’étirer et qui n’en finit plus de nuire à l’éducation de toute une cohorte d’étudiants.
En effet, Madame Fontaine a décidé hier de joindre sa voix à celle des grévistes de l’UQÀM. Après le copinage avec les radicaux du Réseau de Résistance du Québécois et du journal Le Québécois, voilà maintenant que les jeunes péquistes font du copinage avec les radicaux de la culture de la grève à tout prix de l’UQÀM.
Il y a deux semaines, je publiais un billet dénonçant cette culture de la grève dans cet établissement. J’y expliquais notamment que les professeurs avaient le droit de revendiquer de meilleures conditions, mais que de prendre en otage des milliers d’étudiants pour arriver à leur fin était totalement inapproprié et que cela nuisait en premier lieu à leur image. En fait, les Québécois sont rendus indifférents à ce qui se passe à l’UQÀM, car la grève y est devenue la normalité. C’est probablement aussi pour cette raison qu’aucun média n’a daigné rapporter la présence d’Isabelle Fontaine sur les lignes de piquetage hier.
Guillaume S. Leduc
L’auteur est Directeur des communications de la Commission des jeunes de l’ADQ
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Mots clés: Gérard Deltell • GRÈVE • jeunes péquistes • UQAM
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Comme dans tout débat démocratique, je salue l’expression franche de vos opinions en tant que membres prenant part à l’ADQ. C’est bien la seule chose que je partage avec vous, du reste, hormis bien sûr quelques subtilités de citoyenneté québécoise.
Tout d’abord, je dois vous dire ma déception. Je suis tout à fait déçu de constater que l’ADQ se déconnecte peu à peu de ce qui constitue l’importance des institutions québécoises, à commencer avec nos revendications en éducation et nos aspirations en relations de travail. Je parle bien sûr en termes des aspirations québécoises, dans leur ensemble.
Nous valons plus que ça comme nation, comme pays en devenir. Il est inacceptable, dans le contexte général du sous-financement des universités du Québec, que l’ADQ s’entête à faire la job sale des libéraux. Que M. Gérard Deltell ait été le faire-valoir de Mme Courchesne au coeur de la tourmente de la crise, nous avons vu là l’absence de vision à long terme.
Caractériser l’UQAM comme université gréviste – en lui déniant le droit de se placer en pionnière résistante -, répudier tout engagement politique en faveur de la consolidation de nos institutions, c’est se condamner brutalement au vide existentiel, à la déformation des acquis de la révolution tranquille et à la vacuité de se battre en tant que nation.
Réduire un appui à une lutte au rang de copinage, c’est se placer en position de mépris envers autrui. Historiquement, nous sommes les petits-enfants des luttes ouvrières et étudiantes, entre autres luttes fondant l’être collectif québécois. Le Québec, de par sa position particulière dans le contexte historique lui ayant été dévolu, a été appelé à résister vaillamment contre toute forme d’invasion. Avant longtemps, nous oeuvrons à notre émancipation collective.
Ce qui se passe en éducation constitue le signal de départ d’une nation qui se réveille peu à peu, négocie le tournant d’une éventuelle révolution authentiquement québécoise. Tout prétexte, toute excuse désignant une composante de notre citoyenneté, tout droit syndical, toute lutte étudiante, sera amené à être rabroué devant la réalité historique.
Moi ce qui me fascine dans ce genre de commentaire c’est à quel point ils ont la prétention de parler au nom de la majorité, alors que dans les faits il n’y a qu’une infime minorité qui est autant désillusionnée.
Vous prenez un événement ponctuel comme notre opposition à la grève des professeurs de l’UQÀM et vous en faites un crime contre le Québec. Vous nous accusez de « déformer les acquis de la révolution tranquille » et vous affirmez que nous nous condamnons à la « vacuité de se battre en tant que Nation ». Mais de quel droit prétendez-vous représenter cette Nation ? Comment pouvez-vous tomber dans de telles associations insensées ?
Je vais vous dire une chose : quand les Québécois ont adopté toutes ces réformes majeures que l’on décrit maintenant comme la révolution tranquille, ils ont dû se battre pour défendre leurs points de vue, car ils se sont fait accuser à outrance par une minorité bien-pensante qui prétendait parler au nom de tous les « canadiens-français ». Leurs adversaires étaient nombreux à leur rappeler qu’historiquement, nous étions les petits-enfants de la lutte cléricale et que nous devions conserver les acquis religieux que l’on avait réussi à maintenir dans une Amérique devenue trop libérale à leur goût. Eux aussi prétendaient que cette lutte était à la base de « l’être collectif québécois » (!)
Vous reprenez exactement le genre d’accusations auxquelles devaient faire face les pionniers de la révolution tranquille. J’invite tous les lecteurs à relire votre commentaire en gardant cela en tête.
Guillaume S. Leduc
P.S. Le PLQ aussi a accusé l’ADQ de cette sortie.
Voir : http://www.youtube.com/watch?v=PAMUN14mh0U et http://www2.canoe.com/infos/qu.....15225.html
Curieuse fascination que la vôtre, de parler au « ils » et de généraliser ainsi un comportement, une prise de position formulée à la base par une seule et même personne.
Si pour vous, la grève de l’UQAM est un simple événement ponctuel, alors vous appelez à un certain sens de la démagogie, contrairement à une notion plus démocratique. Ce qui touche l’UQAM, l’agite, est le symptôme d’une crise politique à plus grande échelle. Nous parlons d’une série d’événements, d’actions qui remontent à longtemps, et qui se sont intensifiés dans les 5-10 dernières années pour formuler cette préoccupation du sous-financement des universités québécoises.
Les professeurs n’ont pas fait appel à nous. Tout simplement, nous avons, en tant qu’étudiants, trouvé la décence de fortifier l’impact de cette grève en organisant des levées de cours, coordonnant l’empêchement des cours, autant des professeurs que des chargés de cours. Nous avons ainsi fait appel à une implication citoyenne, sachant très bien que nous étions pour en payer le prix de sacrifices.
Convenez que cette prise d’otage est bien loin d’en être une et dépasse, de ce fait même, l’idée adéquiste. Si religieusement, l’expression même de cette idée devait se lire univoquement, alors vous m’en voyez confondu.
Oh, croyez-moi, je ne fait pas de la généralisation. Je parle au « ils » car on a maintes fois entendu le genre de discours que vous avez utilisé dans votre premier commentaire. Ce discours où les grévistes de l’UQÀM se posent en victimes sensées représenter cet « être collectif québécois » où ils associent la lutte étudiante à la lutte syndicale et où ils détournent le sentiment nationaliste québécois à leur profit… ce qui est honteux. Je constate que vous avez évité de faire ce détournement de discours dans votre second commentaire, ce qui est un pas dans la bonne direction.
Je n’ai pas affirmé non plus que cette grève était un événement ponctuel, au contraire, c’est l’ensemble de la culture gréviste de l’UQÀM que j’ai dénoncée. C’est vous qui fait appel au sens de la démagogie en jouant ainsi sur les mots.
Le mouvement étudiant dans lequel vous consacrez tant d’efforts vise les mauvaises cibles. En quémandant constamment une augmentation des dépenses en éducation, vous nuisez à notre génération, vous travaillez à contre-courant. En période de crise économique, l’heure est à la prudence budgétaire et non à la dépense de sommes dont le gouvernement ne dispose même pas et que nous les 18-25 ans devront rembourser plus tard, intérêts en sus.
Guillaume S. Leduc
Si détournement de discours il y a, il y a de sérieuses présomptions qui tendent à croire que l’ADQ fait de la politique purement politicienne comme par exemple, quand elle vise l’engagement d’un parti rival – le PQ – dans le sens d’une démocratisation de l’éducation, de la prise en note de la particularité du réseau de l’éducation québécois.
Ce glissement vers un discours de politique politicienne se confirme quand la Commission des jeunes de l’ADQ pointe du doigt un engagement en faveur du Réseau de Résistance du Québécois (RRQ). Nous passons des revendications de l’éducation à l’évocation de la promotion active de l’indépendance politique – ou de son déni en ce qui concerne les affirmations de l’ADQ, ou ce qu’elles nous laissent à croire. Parlez-vous toujours de l’UQAM?
Ainsi, quand vous suggérez que certain-e-s étudiant-e-s de l’UQAM font appel aux sentiments nationalistes, nous ne pouvons pas dire non plus que vous ne prêchez pas pour votre chapelle. Comment en effet dissocier ce qui relève de l’UQAM des nécessités du réseau de l’éducation québécoise. Revenons maintenant aux raisons premières de l’engagement de l’État en éducation publique.
Concernant l’augmentation des dépenses en éducation publique, s’il y a lieu, vous prétextez que ce se fera au détriment de la génération future. Il y a de sérieuses raisons de croire que cette dernière affirmation n’est pas adaptée au contexte de crise économique, d’autant plus que le réinvestissement en éducation est nécessaire, et une donnée de moins en moins contestable.
En effet, comment prétendre que nous ne devons pas réinvestir dans le réseau social, redonner à la population les moyens de consolider ce qui, à moyen et long terme, se traduira par une meilleur accessibilité au marché du travail et une démocratisation des vocations.
Quand, par exemple, l’État constate que l’économie se porte bien et que la population vit dans de bonnes conditions de vie, il y a moyen de tendre vers une certaine rationalisation des services. Mais, par contre, nous ne pouvons pas maintenir le statut quo ou réduire la mission de l’État quand une plus grande proportion de la population est dans le besoin. Constructivement, il faut proposer des solutions en toute démocratie de cause et dans le respect de des possibilités de mobilité sociale.
Pour revenir à votre texte concernant la prétendue culture gréviste de l’UQAM, vous avez évoqué la grève de 2005. Si nous nous souvenons, en 2005, la grève n’était pas uqamienne, mais concernait une revendication nationale portant sur l’aide financière. Une pluralités d’universités et de cégeps se sont engagés afin de protester contre cette tentative de rationalisations. Il y a donc non-lieu. L’UQAM seule ne peut point être mise en cause dans ce conflit.