Publié le 17 octobre, 2009 à 18:00 par Casimir
Renouer avec l’Amérique

source: lettres-histoire.ac-rouen.fr
De nombreux Québécois francophones ont un problème avec l’Amérique. Comme si nous ne pouvions appartenir pleinement à ce continent, comme si adossés à l’élément anglo-saxon nous ne pouvions que tourner les yeux vers la France.
Il y a une dizaine d’années environ, je débutais mon appropriation du continent. Première étape de cette décolonisation mentale : la lecture de certains ouvrages de Gérard Bouchard dont Genèse des nations et cultures du Nouveau Monde. Le concept d’américanité proposé par Bouchard m’ouvrait à l’Amérique. Je découvrais, ce qui paraîtra une évidence pour plusieurs, que je suis un Américain (ne pas lire Étasunien) parlant français et non un Français d’Amérique.
La redécouverte de la Franco-Amérique, cette Amérique à peine aperçue lors d’un travail de baccalauréat portant sur la rébellion des Métis de la rivière Rouge, fut la deuxième étape de ma décolonisation. Je dus faire un détour par les États-Unis. La lecture d’America (Denis Vaugeois) et de Les Franco-Américains de la Nouvelle-Angleterre (Yves Roby) me permit de découvrir la participation de mes ancêtres, les Canadiens puis les Canadiens français, à la construction des États-Unis. Avec le recul, ce détour me paraît inévitable. Ma québécitude me rendait l’exploration de la francophonie canadienne excessivement pénible en raison du rappel constant de l’identité canadienne-française. Il faut dire que cette dernière nous est régulièrement servie pour nous rappeler notre statut ethnique à l’intérieur du Canada.
Mais se sont les travaux d’Éric Waddell et de Dean Louder qui me firent pleinement découvrir l’expérience franco-américaine. Je fis mes devoirs avec méthode et m’attaquai à la lecture de Vision et visages de la Franco-Amérique, Du continent perdu à l’archipel retrouvé et Franco-Amérique. Je vous invite à lire ces trois ouvrages qui offrent le panorama le plus précis à ce jour de la francophonie nord-américaine. Vous découvrirez l’expérience acadienne, louisianaise, mais aussi comment nos ancêtres se sont appropriés l’Amérique dans ses moindres recoins.
Lire l’Amérique racontée en français, découvrir le rôle des Canadiens français dans l’exploration de l’Ouest américain, la fondation de Chicago ou la politique municipale de San Francisco, m’a été grandement bénéfique.
Il ne manque plus que notre indépendance politique afin que la nation québécoise participe pleinement à ce continent au même titre que le Canada, les États-Unis, le Mexique ou le Brésil.
Pour plus de détails, voir le carnet web de Dean Louder qui contient plusieurs billets sur ses voyages en Franco-Amérique à la recherche de communautés peu connues et parfois même inconnues.
Je suis d’Amérique !
Bonne lecture…
Mots clés: Américanité • Amérique française • Canadiens français • Histoire
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J’aime beaucoup votre article. J’irais même plus loin. Nous venons des Amériques. Chaque peuple d’une partie des Amériques devrait être reconnue. L’espagnol et l’anglais est protégés, sauf le français.
Magnifique en effet. J’aime beaucoup ce texte, il est tres juste.
Mais une nuance ou deux : il y a des Quebecois et (pour une tres faible minorité) des Quebecois anglophone. Le reste ce sont des canadiens vivant chez nous, comme il y a des Allemands qui vivent en espagne, des Francais en Angleterre, etc. C’est juste qu’il nous manque une citoyenneté distincte pour etre l’egal des canadiens et aussi pour pouvoir les reconnaitre chez nous, enfin ceux qui refusent de reconnaitre notre existence et donc qui ne peuvent s’identifier comme quelque que chose qu’ils ne reconnaissent meme pas. Apres si le type se sent autant Quebecois que Canadien, BRAVO ! il vient de gagner une double-citoyenneté.
Comme le disait si bien Falardeau : « quossé que c’est ça des Quebecois francophone ? Est-ce qu’on dit des Francais francophone ? Des Allemands germanophones ? Des anglais anglophones ? Alors pourquoi des Quebecois francophone ? On est des Quebecois c’est tout ! » … et on n’a pas à s’en excuser.
Aujourd’hui, le terme canadien-francais designe les francophones vivant dans le canada, je les aime beaucoup, mais pas plus que les francophones en Suisse ou en Belgique etant donné que le Canada n’est pas et ne sera jamais mon pays.
Il est vrai que parfois je m’en sers pour appeler des Quebecois comme Normand, des gens completement assimilés, colonisés, qui ne peuvent concevoir leur vie sans leurs maitres canadiens, des assistés sociaux du canada. Mais bon, c’est quand meme une utilisation ironique, les canadiens-francais au Quebec, ce sont des Quebecois en 2009.
@Melanie Robert –
Je vous remercie pour vos bons mots, Mme Robert.
@Philippe Dujardin –
Merci à vous aussi !
J’utilise le terme Québécois francophone car je me réfère au groupe sociologique. Je considère que les anglophones et les allophones n’ont pas de problème avec l’Amérique. Habituellement, j’utilise le terme Québécois sans qualificatif.
En ce qui concerne l’utilisation du terme Canadiens français, je partage pleinement votre opinion. Je l’utilise dans ce texte (comme j’utilise le terme Canadiens) dans sa signification du 19e siècle. Les livres mentionnés dans ce texte traitant de cette période où le terme Québécois n’existait pas.
Bonne journée!
@Philippe Dujardin –
En complément sur les termes Canadiens français/Québécois, je vous invite à lire un de mes billets du mois de juillet 2009 en réponse au blogueur fédéraliste et de droite Christian Rioux.
Québécois ou Canadiens français ?
http://reflexionsquebecois.blogspot.com/2009/07/quebecois-ou-canadiens-francais.html
Bonne lecture!
Très bon article!
Il ne faudrais cependant pas ommettre de nommer certains peuples-nations qui, par leur immigration ont forger ce que l’on pourraient appelé, la « culture canadienne contemporaine ».
Je pense ici principalement aux masses Irlandaises, Allemandes, Chinoises, Scandinaves, Slaves et autres qui ont migrées ici au cours des trois derniers siècles.
@Jonathan Bolduc –
Par ce texte, mon objectif n’était pas de jeter de l’ombre sur les ressortissants d’autres peuples qui ont contribué au développement de l’Amérique.
Je voulais seulement donner mon point de vue sur la relation de la nation québécoise avec l’Amérique. Une des seules nations américaines n’ayant pas d’État souverain hormis les nations autochtones qui sont malheureusement complètement marginalisées.
Bonne journée!
Et les métis, les grands oubliés.
on oublit les gens d’Hérouxville…