Publié le 28 mars, 2009 à 20:59 par Mohdza

Tu veux danser la politique avec moi ?

 

Et si nous dansions? par Charles Blattberg

Et si nous dansions? par Charles Blattberg

Nous savons que tout commence avec la réflexion, cette réflexion est nécessaire pour aborder les incompréhensions de la réalité qui nous entoure, sans quoi l’homme aurait disparu il y a fort longtemps. L’idée créatrice fait de l’homme « un animal politique »(1). La pratique façe à la théorie, voila ce que la politique tente d’appliquer, car « le but de la politique est, non pas la connaissance pure, mais la pratique »(2). Le philosophe est celui qui « admire le spectacle de la vérité »(3), il est celui qui s’est déchaîné, il est celui qui est sorti de la caverne à la recherche de la sagesse. À son retour le philosophe comprit la complexité de la transmission du savoir façe à des hommes qui n’ont jamais contemplé la vérité, car « (…) un homme sensé se rappellera que les yeux peuvent être troublés de deux manières et par deux causes opposées : par le passage de la lumière à l’obscurité, et par celui de l’obscurité à la lumière (…) »(4). Presque 2350 ans plus tard les tensions et les contradictions sont toujours présentes et le politicien s’efforce de comprendre « (…) les processus de décisions individuelles et collectives qui touchent la distribution des ressources dans une société »(5).

L’ouvrage que j’ai choisi est un livre de philosophie politique qui a pour titre  « Et si nous dansions ? ». Cet opuscule de 200 pages propose de répondre à une question précise qui est : « Pourquoi un si grand nombre de Canadiens ne se sentent pas chez eux dans leur propres pays? »  Son auteur, Charles Blattberg nous propose moult solutions, solutions qui seront traitées plus loin dans ce compte rendu. Son auteur est un professeur adjoint de philosophie politique au Département de science politique de l’Université de Montréal, j’ai eu aussi la chance de l’avoir comme professeur dans mon cours de pensée politique. Pour monsieur Blattberg il est impossible d’avoir une théorie de la justice unifiée, car celle-ci ne peut avoir d’arbitre (cour suprême) qui théoriquement est objectif. Selon lui, la meilleure solution réside dans la conversation pour régler les conflits et amener à une compréhension unifiée. L’auteur se qualifie de philosophe pratique qui serait comparable à Protagoras ou Charles Taylor. Sa philosophie est interprétative. Mon compte-rendu sera structuré de manière à inclure d’une part un résumé et une partie explicative et une critique personnelle.

Avant de commencer, il est impératif de comprendre certains termes qui seront évoqués au cours du compte-rendu. Dans la pratique politique, il existe plusieurs courants de pensée : les monarchistes, les polyarchistes. Chez les monarchistes, il existe quatre formes de monarchie : le roi, l’esprit d’unité démocratique (élection ou le peuple ne forme qu’un ), la constitution unifiée théorique (la Charte de Pierre Elliot Trudeau ). Chez les Polyarchistes, il y a l’acceptation de la pluralité qui est représentée par des groupes qui, quand se heurtent, utilise la négociation de bonne foi pour résoudre les conflits, il y a aussi les adeptes de la realpolitik pour qui le dialogue est un rêve et que la réalité entre les parties se définie exclusivement par la force.

Premièrement, l’une des principales objectives de cet ouvrage est de « montrer que les approches qui ont exercé jusqu’ici la plus grande influence sur notre constitution et nos politiques n’ont eu pour effet, en bonne partie, que d’accentuer des dilemmes tel que celui-là »(6). Au tout début, l’auteur porte sa réflexion sur la nature de la Constitution canadienne qui selon lui est un recueil de règles. L’auteur propose aussi que les règles doivent être préréflexives, c’est-à-dire des règles qui sont profondément ancrées dans le citoyen et que celui-ci les applique sans y réfléchir. Comme le dit le philosophe Ludwig Wittgenstein a propos des règles qui les comparent à des poteaux indicateurs : « Indique-t-il la direction à prendre une fois que je l’ai dépassé (…) et si au lieu d’un seul poteau indicateur se trouvait toute une chaîne  ininterrompue d’écriteaux(…) n’y a-t-il pour eux qu’une interprétation ? »(7) Charles Blattberg explique que les règles doivent être l’expression de notre « moi » qui relève de notre identité. Nous pouvons carrément dire que pour les autochtones et les Canadiens-français la constitution n’a jamais été l’expression de leur identité il a fallu plusieurs rébellions pour avoir une certaine satisfaction, mais insuffisante qui est celle du gouvernement responsable. Nous pouvons aussi faire le lien avec les accord du Lac meech qui était à la base de la négociation et non de l’ouverture.

Deuxièmement, l’écrivain stipule que l’approche monarchiste de la politique qui représente une « autorité souveraine unique, devant laquelle tous les acteurs des principaux conflits politiques doivent plaider leur cause. »(8) . Le simple fait de plaider sa cause le politicien doit contester ce qui selon l’auteur se résume à faire des concessions et de ce fait détériore l’évolution des idées. Monsieur Blattberg invite le lecteur à voir le plaidoyer comme une mauvaise manière de dialoguer, car elle ne permet « aucun échange d’idées (…) aucune évolution ou transformation de l’idée »(9). L’auteur affirme que la plupart d’entre nous (Canadiens ) ont opté pour une vision polyarchiste qui consiste à adopter la pluralité. Cela peut s’expliquer qu’en voyant « nos voisins du sud vouer un véritable culte à leur constitution comme s’il s’agissait d’une sorte de religion politique révélée. Il nous est difficile de ne pas céder à l’ironie »(10) . Aux États-Unis durant les élections le peuple se réunit et en se regroupant ils sont comme un monarque, nous pouvons aussi clairement le voir avec « E Pluribus Unum ». Ce pluralisme ne possède pas de vérité unique, cohérente à la totalité de la population. Un peu plus loin, l’auteur explique que l’outil par excellence du pluralisme pour résoudre les collisions des différents monarques qui voudraient arriver au pouvoir (la Couronne, l’économie divine, le peuple, la justice théorique) serait la négociation. L’auteur définit le pluralisme canadien à celui de polyarchiste. Dans les deux cas il y aura soit des concessions ou au consentement ce qui amène directement à des règles imposées et qui n’admet aucun échange ou évolution. Bref, « Donc, que l’on adhère au monarchisme ou aux polyarchisme le résultat immédiat serait une constitution qui, aux yeux des citoyens, ferait figure de « logement » plutôt que de « foyer » une constitution construite à coups de règlements. »(11), car nous devons comprendre que la constitution doit justement refléter l’expression du citoyen, en d’autres termes elle doit se composer de règle expressive et non de poteau indicateur qui ne faire que fragmenté, divisé l’unité.

Troisièmement, monsieur Blattberg affirme qu’il existe une solution, celle qui « (…) part de l’idée suivant laquelle la meilleure façon de composer avec les conflits politiques consiste à dialoguer et non à s’en remettre à une autorité souveraine, et qui , comme celle des monarchistes, vise à nous mener plus loin que simplement nous accommoder de nos divisions »(12). Cette approche que l’on peut qualifier de patriotique consiste à voir l’État et ses institutions comme des outils indépendant des citoyens « (…) mais comme le siège de la citoyenneté prise comme un tout, c’est-à-dire l’expression du bien commun ( …) »(13). L’expression du bien commun est une notion importante qui réunit la pluralité, car que nous soyons Chrétien, Musulman ou Juif, nous Canadiens nous voulons la paix et la prospérité économique. Cette approche unificatrice doit cependant se faire sous la tutelle de la conversation. Comme le dit si bien Aristote : « le bien certes est désirable quand il intéresse un individu pris à part; mais son caractère est plus beau et plus divin quand il s’applique à un peuple et à des États entiers. »(14).

Quatrièmement, la valeur et la portée de ces concepts peuvent facilement s’expliquer dans l’histoire politique du Canada. Ce qui est important c’est que nous vivions dans un pays où il existe une pluralité dans les groupes ethniques, religieux. Certes pour l’auteur on peut, par la pluralité, arriver a une cohésion, une unification, mais il existe plusieurs obstacles comme la constitution qui est faite de règles et par l’existence
de la cour suprême qui justement est choisie par le gouvernement ou encore de notre système parlementaire qui prône un combat rhétorique qui résulte d’une dégradation des échanges. Il faut savoir que nous avons tous le même bien commun et il faut aussi reconnaître l’existence de communauté typique comme les autochtones ou les Québécois sans quoi la discussion, la conversation ne peut avoir lieu. Évidemment, il peut exister des conflits, ceux-ci doivent se résoudre par l’échange et nous savons très bien qu’un arbre qui tombe fait beaucoup plus de bruit qu’une forêt qui pousse.

En conclusion, selon moi il serait pertinent de se voir comme partenaires et non comme opposants, car l’union fait la force, le partage enrichi le plus faible comme le plus fort. Avec la décentralisation, les provinces ont plus d’autonomie et une marche de manœuvre plus grande. Je crois qu’en tant que citoyen qui cherche la prospérité il est important que nous nous concentrions sur ce qui nous rapproche et non se qui nous sépare. En effet, je suis conscient que la conversation est une approche très fragile dans la mesure où les partenaires doivent être prêts à s’écouter mutuellement pour arriver à des solutions. Mais qui ne risque rien n’a rien!

A Propos de l'Auteur

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Notes relatives au texte

  1. Aristote []
  2. Platon, La République []
  3. Platon, La République []
  4. Platon, La République []
  5. http://www.pol.umontreal.ca/ []
  6. Et si nous dansions?,P :14 []
  7. Et si nous dansion ? , P :16 []
  8. Et si nous dansions ? , p :20 []
  9. Et si nous dansions?,p :20 []
  10. Et si nous dansions ?, p :20 []
  11. Et si nous dansions?, P :36 []
  12. Et si nous dansions?, p :39 []
  13. Et si nous dansions? P :40 []
  14. Éthique de Nicomaque, Chapitre 2, p :23 []
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Commentaires (1)

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  1. Elie Presseault dit :

    Hum hum… j’ai complété deux cours durant mon baccalauréat en Communication et politique à l’Université de Montréal en prenant deux cours avec Charles Blattberg. Un de ceux-là fut « Idées politiques du Canada ».

    D’emblée, il faut dire que le cours de Blattberg est empreint d’approche philosophique. Nous pouvons voir cela comme un « idéal-type », ce qui est très peu applicable sur le plan de la realpolitik. À l’instar d’un Max Weber et d’un roi-philosophe de la trempe des Trudeau et Ignatieff, Blattberg résiste peu à l’épreuve des faits historiques.

    Par exemple, Blattberg se prononce sur le sens d’une conversation à établir au sein du Canada. Étant un élève de Charles Taylor, le philosophe et responsable de la commission sur les accommodements raisonnables, et de Isaiah Berlin, cet universitaire de haut vol nous déclame certains concepts et idées séduisantes. Il formule certaines objections, ce qui n’est pas sans sembler danser sur un sens du compromis. Il y a quand même un mais.

    En réalisant un travail de recherche sur l’éternelle question du Québec-Canada dans son cours, sur laquelle j’eus une excellente note même, je manifestai un désaccord global avec son approche. Bien sûr, j’ai égratigné son portrait et son CV… Quand même, je pense que sa candidature reste valable à débat, seulement il devra me prouver qu’il maîtrise le raisonnement logique et politique de l’épisode Meech. À mon sens, comme il n’était pas là au cours des faits, il élude cet épisode sans coup férir, ce qui nécessite éclaircissements.

    Depuis De Gaulle, nous avons repris l’affrontement politique vis-à-vis du Canada. Je comprends jusqu’à un certain point que ce dernier pays soit réticent aux compromis avec le Québec. Toutefois, il n’y a pas d’excuse qui tienne. Le Canada a à s’amender de sa conduite et si Ignatieff pense qu’il nous convaincra, que pour en nommer un… nous sommes loin du compte.

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