Publié le 10 juillet, 2009 à 17:00 par Jimmy St-Gelais
Un troisième référendum sur la souveraineté du Québec?
Le débat sur la souveraineté devrait gagner en popularité dans les prochaines années en raison du contexte économique défavorable.
Dans le passé, nous avons pu remarquer une effervescence de la cause souverainiste en période de turbulence économique et le même phénomène pourrait opérer dans un futur pas si lointain.
En effet, les années antérieures aux deux référendums sur la souveraineté du Québec (1980, 1995) furent des périodes d’incertitudes économiques qui ont ravivé la problématique de la question nationale.
Dans les années 70, l’économie mondiale connu ses premiers ralentissements majeurs depuis la fin de la deuxième guerre mondiale. Les Trente Glorieuses se terminaient abruptement avec les deux chocs pétroliers et l’entrée d’un nouveau mal : la stagflation, c’est-à-dire la présence simultanée de la stagnation de l’économie et d’une forte inflation.
C’est dans ce climat de vacillement du système économique mondial ainsi que dans l’éveil de la conscience nationale des québécois émergeante de la révolution tranquille que le mouvement souverainiste prit le pouvoir en 1976 avec une coalition hétéroclite appelée Parti Québécois. Quatre ans plus tard, le premier référendum sur la souveraineté du Québec eut lieu avec le résultat que l’on connaît.
Quinze ans plus tard, le discours référendaire renaissait de ses cendres après la dure récession du début des années 90. Le chômage progressa significativement de 1990 à 1994 et la crise des finances publiques frappa le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux.
C’est alors que, dans une ambiance de difficultés économiques combinée avec la crise politique de l’après Lac Meech, le Parti Québécois regagna le pouvoir en 1994 et eu l’audace de suggérer un nouveau référendum se soldant par une amère défaite des partisans de l’option souverainiste qui fut rejetée par seulement quelques milliers de voix.
Si l’Histoire tend à se répéter, nous devrions assister à un troisième référendum dans les années à venir. La présente crise économique devrait exacerber l’insécurité économique des québécois et la moindre friction politique Québec-Ottawa pourrait propulser encore en avant le sujet de l’indépendance du Québec.
En somme, lorsque l’économie va bien, que tout le monde est occupé par le travail, que chacun est plus ou moins satisfait de sa condition matérielle, une société ne s’interroge pas sur son futur ou sa situation politique.
Mais, au contraire, en temps de ralentissement, de récession ou de crise économique, les problèmes non-résolus d’une société reviennent la hanter car il n’y plus rien pour détourner l’attention des citoyens envers les affaires publiques.
Dans la foulée, une société peut rechercher de nouveaux moyens afin de résorber un état de crise chronique et ces nouveaux moyens peuvent parfois se présenter dans un rapatriement d’un plus grand pouvoir politique dont le but serait de mieux sortir cette dite société d’une situation difficile. Ainsi, en possédant tous les leviers de la politique économique (taux d’intérêt, aide financière ciblée dans des secteurs en difficultés propre au Québec, fiscalité, etc.), le peuple Québécois serait ainsi plus en mesure de relancer adéquatement son économie.
Le dernier budget fédéral du conservateur Stephen Harper semble démontrer la pertinence d’un État québécois indépendant. Effectivement, le Québec va subir un sous-investissement prononcé des subsides du gouvernement central au profit de l’Ontario. Le gouvernement conservateur a décidé de laisser tomber le Québec après ses faibles résultats des deux dernières élections fédérales dans la Belle Province.
La règle non-écrite de l’alternance politique devrait être à l’avantage du Parti Québécois aux prochaines élections générales et l’alignement des astres pourrait bien être plus favorable à une éventuelle souveraineté du Québec dans cet environnement économique précaire.
Mots clés: Canada • crise des finances publiques • crise économique • crise pétrolière • Économie • Indépendance • lac meech • parti conservateur • Parti Québécois • politique • prospective • Québec • récession • référendum • révolution tranquille • Souveraineté • Stephen Harper
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M’ouais. Excusez-moi de m’inscrire en faux, mais je ne suis pas aussi convaincu que vous.
S’il est vrai que les montées du souverainisme survenaient après des périodes économiques difficiles, je suis moins enclin à associer ces deux phénomènes l’un à l’autre. Les deux référendums furent surtout provoqués du fait que cela s’inscrivait dans le programme du PQ, et qu’ils auraient eu lieu, ralentissement économique ou pas.
Quant au fait que Stephen Harper semble favoriser davantage l’Ontario, cette fois, c’est peut-être là un retour d’ascenseur, suite à la générosité du gouvernement fédéral envers le Québec, pratiquement au beau milieu de la campagne électorale de 2007, générosité que Jean Charest a détourné aussitôt vers des baisses d’impôts. Cette générosité n’allait sûrement pas être récurrente. Vrai aussi que pour l’heure, l’Ontario est beaucoup plus durement touchée par la crise actuelle, qui frappe davantage l’industrie manufacturière, surtout basée dans cette province.
Autre point; le pouvoir est détenu présentement par le parti libéral, et le sera probablement jusqu’aux premières bonnes nouvelles qui montreront une véritable sortie de crise. Rien de bien réjouissant pour le PQ, qui semble s’encroûter dans une certaine « bourgeoisie », sa chef étant plutôt boudée par le bas-peuple. Peut-être le parti québécois sera-t-il avantagé par le départ éventuel de Jean Charest, puisque d’une part, je ne vois pas vraiment de successeur vraiment populaire au premier ministre actuel, et d’autre part parce que les premiers ministres désignés n’ont jamais fait long feu, à tout le moins depuis les dernières décennies, la seule exception ayant été Lucien Bouchard, en 1998. Il reste que les forces souverainistes semblent se fragmenter dans plusieurs formations politiques, même si, pour l’instant, le PQ demeure le seul parti pouvant vraiment former un gouvernement.
Le dernier point que je voudrais avancer prendra la forme d’une question, à savoir, comment fera le Québec pour vraiment empêcher le gouvernement fédéral de se mêler d’un éventuel référendum, au Québec? Lors des deux référendums passés, nous avons vu le gouvernement fédéral passer allègrement par dessus les lois québécoises, et faire pratiquement ce qu’il a voulu. Je crois qu’il n’y a malheureusement pas de formule magique, et que le fédéral s’en mêlera, encore une fois.
Bref, je mets un énorme point d’interrogation, sur cette éventualité.
L’histoire récente prouve que votre théorie est fausse. En temps d’instabilité, les électeurs ont plutôt tendance à être conservateurs dans leurs choix, ils ne vont certainement pas opter pour des années de perturbations, comme l’a prédit Pauline Marois, alors que l’économie va mal.
Quant à votre règle de l’alternance, encore une fois, les dernières élections générales, tant à Québec qu’à Ottawa me font dire que vous rêvez en couleurs.
Je suis en accord avec Bleu Québec et Richard3 cette hypothèse d’un troisième référendum ne semble même pas dans les plan de la cheffe du PQ.
Pauline Marois nous a déjà parlé de cinq ans de perturbation économique et suite à son accession à la chefferie du PQ elle a affirmé qu’elle était prête à attendre une dizaine d’années au pouvoir avant ce prochain grand rendez-vous.
Avec sa récente stratégie de faire des référendums sectoriels on peut plutôt conclure, monsieur St-Gelais, que nous sommes vraiment loin d’un 3e référendum sur la souveraineté.
Lorsque la cheffe du principal parti souverainiste s’occupe elle-même de se mettre des bâtons dans les roues on peut conclure que vous avez oublié des éléments vitaux dans votre réflexion.
@Richard3
“Les deux référendums furent surtout provoqués du fait que cela s’inscrivait dans le programme du PQ, et qu’ils auraient eu lieu, ralentissement économique ou pas.”
Mais les électeurs ont tout de même voté pour cette formation souverainiste en toute connaissance de cause.
@Bleuquébec
“L’histoire récente prouve que votre théorie est fausse. En temps d’instabilité, les électeurs ont plutôt tendance à être conservateurs dans leurs choix, ils ne vont certainement pas opter pour des années de perturbations, comme l’a prédit Pauline Marois, alors que l’économie va mal.”
Au contraire. En période de prospérité, on n’est plus conservateur car on ne veut pas perdre ce que l’on a acquis. Mais lorsqu’on perd son travail, on est tenté par des solutions plus radicales. L’Histoire l’a démontré plusieurs fois, surtout dans la période de la grande dépression, par exemple avec l’accession du Front Populaire en France.
“Quant à votre règle de l’alternance, encore une fois, les dernières élections générales, tant à Québec qu’à Ottawa me font dire que vous rêvez en couleurs.”
Je ne vois pas où la règle de l’alternance a fait défaut. Seulement deux mandats (minoritaires) de suite pour les conservateurs au fédéral (et il semble douteux qu’ils en fassent un troisième) et Charest n’est qu’à son deuxième mandat majoritaire. Attendez la suite avant de dire que je rêve en couleur.
@Jean Luc Autret
“Lorsque la cheffe du principal parti souverainiste s’occupe elle-même de se mettre des bâtons dans les roues on peut conclure que vous avez oublié des éléments vitaux dans votre réflexion.”
Pauline Marois n’ose pas parler de referendum précipité car l’idée de souveraineté est stagnante depuis 1995. C’est une tactique électoraliste.
Mais je vous assure que si la souveraineté remonte dans les sondages, le PQ mettra encore en avant-plan une indépendance unilatérale.
Je suis d’accord avec l’analyse de Monsieur St-Gelais. Je n’y vois rien à redire. En ce qui concerne que la Cheffe du PQ ne parle pas de souveraineté, c’est bien évidemment un tactique électoraliste.
Mais il y a Amir Khadir et son parti qui vient brouiller une vision de l’avenir. Peut-être que la vision du Québec de ce parti est beaucoup plus séduisante pour les électeurs bien plus que Madame Marois qui apparaît aux yeux du peuple comme une bourgeoise ( en passant, on ne parle jamais des hommes politique bourgeois, est-ce que ça passe mieux ?). Enfin bref, je vois bientôt un prochain référendum mais il sera possible avec Québec solidaire qui propose un projet de société. Ou bien une fusion du PQ avec Québec solidaire. Il me semble qu’il nous faut du neuf. Pourquoi pas ?
Je suis d’accord mais pas pour les mêmes raisons.
1-D’abord, le Québec se fera rappeler sous peu qu’il ne compte pas pour grand chose au Canada. La loi sur les sièges de plus accordés à l’ouest et l’Ontario va favoriser l’élection d’un gouvernement majoritaire sans le Québec. Ceux qui disent qu c’est normal pour la démocratie, je leur répond que la Saskatchewan et les provinces maritimes sont présentements sureprésentées.
Ce phénomène va provoquer un choc culturel avec le ROC. Les Québécois ne se reconnaîtreront plus dans ce Canada. Déjà que seulement 29% selon un Léger de jui des Québécois sont satisfaits du statut actuel du Québec dans le Canada.
Les reculs du québec vont être pénible à voir. Probablement que la loi sur les langues officiels va être reniée. Le gouvernement fédéral va probablement garder une disposition pour traduire les documents et autres services en français pour le Québec mais ceci enverra le signal clair que les fédéralistes qui rêvent encore aux deux nations fondatrices au Canada peuvent oublier leurs désires. N’oublions pas que les réformistes avaient déjà ce projet dans les cartons et qu’un sondage pour le conseil de l’unité canadienne révélait que ce changement est perçue de façon peu négative dans le ROC.
Les reculs du Québec et du poids réelle dans le Canada va se faire sentir de plus en plus et cela sera pénible à voir. Si vous pensez que les décisions des positions sur la scène internationale, la réforme du capitalisme, la mondialisation, ect… le Québec avoir un mot important à dire vous vous trompez. À moins que ce mot ne soit pas en contradiction avec la volonté de la majorité. Quand le Québec ne sera plus que 11% de la population du Canada vous croyez que la vision de notre nation sera bien défendu?
C’est pour cela qu’à court terme avec une image de plus en plus en plus canadian et de moins en moins d’impact le québec n’aura pas le choix que de prendre une décision majeure. Sois qu’on devient une Acadie géante, ou un pays.
Moi j’opterais pour un pays sans aucunes retenues!